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Syrie: l'élection présidentielle annoncé pour le 3 juin qualifiée de «farce»

21/04/2014 06:23 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Une élection aura lieu le 3 juin en Syrie dans l'espoir apparent de légitimer un retour au pouvoir de Bachar el-Assad alors qu'une guerre civile fait rage au pays depuis plus de trois ans au pays.

L'annonce de la tenue prochaine de ce scrutin, qui a été faite lundi par le président du Parlement syrien, Jihad Laham, n'a pas tardé à susciter des réactions.

Alors que l'opposition syrienne et Washington ont parlé d'une véritable farce, un porte-parole des Nations unies a estimé que cela «entravait les espoirs d'une solution politique» au sanglant conflit qui a fait plus de 150 000 victimes et forcé le tiers de la population à l'exil.

Il est difficile de savoir comment le gouvernement s'y prendra pour organiser des élections crédibles et légitimes dans un tel contexte. La Syrie est profondément divisée, et des centaines de milliers de personnes habitent dans des territoires qui sont contestés, détenus par des rebelles ou encore bloqués par des forces pro-gouvernementales.

«Il n'y aura pas de bureaux de vote dans les secteurs contrôlés par les hommes armés», a déclaré le législateur syrien Sharif Shehadeh. Selon lui, l'armée syrienne est présente dans de nombreuses provinces au pays, «ce qui compensera pour les secteurs qui ne sont pas contrôlés par le gouvernement».

Aux yeux de Nazeer al-Khatib, un militant de l'opposition de la ville d'Alep, au nord du pays, cela signifie tout simplement que seuls les citoyens qui soutiennent le controversé président exerceront leur droit de vote.

«Comment est-ce que je vais pouvoir voter si on nous bloque même pour avoir accès à du pain», s'est-il interrogé depuis une ville contrôlée par les rebelles près de la frontière libanaise.

Bachar el-Assad, qui dirige le pays depuis le départ de son défunt père, en 2000, a d'ores et déjà suggéré qu'il briguerait un nouveau mandat.

L'Occident a dénoncé son intention de déclencher des élections alors que le pays est enlisé dans la violence.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a affirmé qu'il s'agissait d'une «parodie de démocratie» et que les résultats du scrutin n'auraient «aucune légitimité ou crédibilité en Syrie comme à l'extérieur de la Syrie».

Même son de cloche du côté de Londres, où le ministre britannique des Affaires étrangères, Mark Simmonds, a déclaré que ces élections étaient essentiellement conçues afin que Bachar el-Assad conserve «sa dictature».

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