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La Kenyane Rita Jeptoo remporte un marathon de Boston sous haute surveillance (PHOTOS)

21/04/2014 07:25 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Rita Jeptoo, of Kenya, celebrates her win in the women's division of the 118th Boston Marathon Monday, April 21, 2014 in Boston. (AP Photo/Charles Krupa)

BOSTON - L'hymne national des États-Unis a résonné sur la rue Boylston en l'honneur de l'Américain victorieux du marathon de Boston.

Un an après le double attentat qui a tué trois personnes et fait plus de 260 blessés, Meb Keflezighi a ajouté Boston à son palmarès qui comprend un titre au marathon de New York en 2009 et une médaille d'argent aux Jeux olympiques de 2004.

Disputant cette course deux semaines avant son 39e anniversaire, il avait les noms des victimes de 2013 sur son dossard.

«À la fin, je ne cessais de me dire, 'Boston est forte. Boston est forte', a-t-il révélé. Je pensais à donner mon maximum. Si vous avez le rythme, c'est tout ce qu'il faut.»

Keflezighi, un Américain né en Erythrée, a complété les 42 kilomètres depuis Hopkinton jusqu'à l'arrivée sur la rue Boylston en deux heures 8:37 minutes, son meilleur chrono personnel.

Il a résisté au Kényan Wilson Chebet, qui a terminé 11 secondes derrière. Tom McGrath, d'Edmonton, s'est révélé le meilleur Canadien, terminant 101e en 2h30:30.

Le résident de San Diego s'est rapidement retrouvé en avant et il a pris une confortable avance. Mais il a regardé par-dessus son épaule à plusieurs reprises alors que Chebet réduisait l'écart avec un peu plus de trois kilomètres. Après avoir réalisé qu'il ne pourrait plus être rattrapé, il a relevé ses lunettes de soleil sur sa tête, a commencé à serrer ses poings et a tendu ses bras en croix. Il a fondu en larmes après avoir franchi le fil d'arrivée, puis il s'est drapé du drapeau américain.

Aucun coureur américain n'avait remporté cette course depuis que Lisa Larsen-Weidenbach avait gagné le titre féminin en 1985. Greg Meyer est le dernier Américain à l'avoir emporté chez les hommes en 1983. Meyer et Keflezighi se sont fait l'accolade après la course.

«Je suis heureux d'être Américain, et que Dieu bénisse l'Amérique et Boston pour cette journée spéciale», a dit Keflezighi.

Auparavant, la Kényane Rita Jeptoo avait défendu avec succès son titre chez les dames, une victoire qu'elle n'avait pu savourer l'an dernier en raison des attentats mortels.

Jeptoo a complété l'épreuve en un temps record de deux heures 18:57 minutes. Elle est devenue la septième triple championne du marathon de Boston. Elle avait aussi gagné la course en 2006.

«Je suis venue ici pour soutenir les gens de Boston et leur montrer que nous sommes solidaires», a-t-elle mentionné.

Jeptoo a faussé compagnie à un groupe de cinq coureuses au 37e kilomètre. L'Éthiopienne Buzunesh Deba a franchi le fil d'arrivée au deuxième rang en 2h19:59.

L'Américaine Shalane Flanagan s'est classée cinquième après avoir mené la course pendant plus de la moitié de la distance.

L'Ontarienne Lanni Marchant a réussi la meilleure performance dans le camp canadien avec une 14e position.

Une autre Américaine, Tatyana McFadden, a célébré son 25e anniversaire en remportant l'épreuve féminine en fauteuil roulant pour une deuxième année de suite. Elle a inscrit un chrono d'une heure 35:06 minutes.

La Sherbrookoise Diane Roy s'est classée sixième en 1h43:40.

Le Sud-Africain Ernst van Dyk a triomphé chez les hommes en fauteuil roulant pour une 10e fois, un record. Le parathlète de 41 ans a franchi le fil d'arrivée en 1h20:36.

Michel Filteau, de Saint-Jean-Baptiste, a terminé 14e en 1h29:24.

Les dirigeants du marathon de Boston ont révélé que 35 755 coureurs étaient inscrits pour la course, avec le chiffre non officiel de 32 408 au départ.

Un imposant dispositif policier avait été mis en place. Malgré une sécurité renforcée, l'ambiance était toutefois festive à la ligne d'arrivée sur Boylston Street.

«Je ne peux imaginer la gamme des émotions qu'il va y avoir, avait déclaré Katie O'Donnell, qui a participé au marathon l'année dernière et parcouru 40 kilomètre avant d'être arrêtée à deux kilomètres de la ligne d'arrivée quand les bombes ont explosé. Je pense que je vais commencer à pleurer à la ligne de départ et je ne suis pas certaine que je vais m'arrêter jusqu'à ce que je traverse la ligne d'arrivée.»

Le changement le plus évident pour la 118e édition du plus ancien marathon annuel au monde est la forte présence policière. Des officiers de police étaient postés partout, même sur les toits de certains bâtiments.

Des hélicoptères ont survolé le parcours et des chiens renifleurs d'explosifs ont surveillé les poubelles. Pourtant, malgré toutes ces mesures de sécurité, l'atmosphère était calme et conviviale.

«Tout le monde est très agréable, a déclaré Jean Bertschman, qui réside à Hopkinton et assiste au départ du marathon depuis des années. Je pense que ça va être une très bonne course.»

Les spectateurs ont dû passer des points de contrôle de sécurité très stricts avant d'être autorisés à proximité de Hopkinton.

Les coureurs participant à l'événement ont été invités à mettre leurs affaires dans des sacs de plastique transparents, et les amateurs qui voulaient suivre la fin de l'épreuve près de la ligne d'arrivée étaient encouragés à laisser les poussettes et sacs à dos en arrière.

Plus de 100 caméras ont été installées le long de la route à Boston, et 50 «points d'observation» étaient en place autour de la ligne d'arrivée «pour surveiller la foule», a déclaré l'Association athlétique de Boston.