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Pakistan: le célèbre journaliste attaqué "est conscient", manifestations de soutien

21/04/2014 08:58 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Le célèbre journaliste pakistanais Hamid Mir est "conscient" et récupère de ses blessures, a annoncé lundi l'hôpital qui le soigne, alors que les témoignages de soutien se multipliaient en faveur de ce virulent critique du pouvoir et des insurgés islamistes.

Hamid Mir, qui signe des articles dans le quotidien The News et présente un talk-show politique sur Geo News, la plus regardée des chaînes d'information du Pakistan, a été attaqué par des inconnus samedi à Karachi, la mégalopole du Sud.

Quelques kilomètres après la sortie de l'aéroport international Jinnah, des hommes circulant à moto ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur la voiture du journaliste.

La police et des proche avaient affirmé samedi qu'il avait été blessé par au moins trois impacts de balle, mais son employeur a indiqué lundi qu'il avait été touché à six reprises.

"Le présentateur de Geo News, Hamid Mir, est conscient et dans un état stable, il sera transféré dans une chambre privée" après avoir subi une opération, a indiqué lundi l'hôpital universitaire Agha Khan de Karachi, port de plus de 18 millions d'habitants sur la mer d'Arabie.

Au Pakistan, les témoignages de soutien se sont multipliés ces derniers jours et l'association nationale des journalistes a organisé lundi à Islamabad un rassemblement en appui à leur collègue.

"L'attaque contre Hamid Mir a ébranlé la scène médiatique du Pakistan, il est une figure iconique, le visage de ce journalisme électronique en +prime time+ qui a émergé au cours des 12 dernières années", avec la libéralisation des médias, y a déclaré Rana Jawad, directeur du bureau de Geo à Islamabad.

Le Pakistan reste l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes, selon l'organisation Reporters sans Frontières (RSF). En 2013, sept reporters ont été tués dans l'exercice de leur fonction au Pakistan, un des pays les plus meurtriers pour les journalistes derrière la Syrie (10), l'Irak (10) et les Philippines (8).

Les Etats-Unis ont eux aussi condamné "l'attaque brutale" contre Hamid Mir et invité les autorités à traduire en justice les responsables de ce dernier attentat en date contre des journalistes au Pakistan, instable géant de plus de 180 millions d'habitants.

Le gouvernement a annoncé ce weekend la formation d'une commission spéciale d'enquête dirigée par trois juges sur cette tentative d'assassinat, qui commencera ses travaux sans attendre la fin de l'investigation de la police.

"C'est un défi pour nous et la police que de retracer les assaillants", a reconnu lundi le Premier ministre Nawaz Sharif, après s'être rendu au chevet de Hamid Mir à Karachi.

Le frère de M. Mir, Amir, a lui directement accusé les puissants services de renseignement du pays d'être derrière l'attaque.

Les services de renseignements, et les insurgés talibans, très critiques du travail de ce journaliste, ont nié toute implication dans cette attaque, la deuxième en moins d'un mois contre une étoile des médias libéraux au pays.

Le 28 mars dernier, des hommes armés circulant aussi à moto avaient ouvert le feu à Lahore (est) sur la voiture du commentateur politique Raza Rumi de la chaîne Express TV. M. Rumi avait réchappé à cette attaque qui a toutefois coûté la vie à son chauffeur.

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