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Naufrage en Corée du Sud : la présidente juge la conduite du capitaine criminelle

21/04/2014 03:44 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a estimé lundi que le comportement du capitaine et de l'équipage du traversier qui a coulé la semaine dernière était assimilable à un meurtre.

Selon le dernier bilan des autorités sud-coréennes, le naufrage du Sewol mercredi dernier au large des côtes sud-ouest du pays a fait 64 morts et 238 disparus, pour lesquels les secours n'ont plus guère d'espoir.

La plupart des victimes sont des lycéens qui effectuaient une sortie scolaire.

Quatre autres membres d'équipage, trois officiers et un mécanicien du traversier, ont été arrêtés lundi, ce qui porte à sept le nombre d'arrestations.

L'enquête a révélé que le commandant Lee Joon-seok, 69 ans, et plusieurs membres de son équipage avaient quitté le navire avant les passagers.

Cette désertion, a dit la présidente Park, est comparable à un meurtre.

« Par dessus tout, la conduite du capitaine et de certains membres de l'équipage est incompréhensible du point de vue du bon sens, et ressemble à un meurtre qui ne peut pas et ne doit pas être toléré », a-t-elle dit lors d'une réunion de travail avec ses collaborateurs.

Le traversier, qui effectuait la liaison entre le port d'Incheon, près de Séoul, et l'île de Jeju, transportait au total 476 passagers et membres d'équipages, dont 339 lycéens et
professeurs.

Cinq jours après la catastrophe, la fatigue a succédé à la colère des premiers jours parmi les parents des disparus, regroupés dans un gymnase du port de Jindo. Ils attendent désormais la nouvelle quasi inévitable de la mort de leurs êtres chers.

L'un d'eux, Kim Chang-gu, dit rêver de son fils disparu. « J'ai aussi des hallucinations sonores, j'ai entendu quelqu'un me dire qu'il était en vie. Mais à présent, j'ai renoncé », confie-t-il.

De nombreuses négligences

Deux drones sous-marins mis à disposition par les États-Unis participent à la recherche des corps piégés dans la coque du navire. De fortes marées ont entravé les opérations dans la nuit de dimanche à lundi, mais la météo s'est améliorée en ce début de semaine.

La diffusion d'une conversation entre les autorités maritimes et la passerelle de commandement du bateau a permis d'en savoir davantage sur l'évacuation du navire, qui a pris de la gîte après avoir effectué un virage brutal, mais a mis plus deux heures avant de chavirer complètement.

D'après cette transcription, les autorités maritimes ont demandé au capitaine de décider au mieux la manière d'évacuer les passagers et de prendre lui-même la décision d'ordonner ou non l'évacuation du navire.

On apprend aussi que des doutes transparaissent parmi des membres d'équipage sur le nombre de canots de sauvetage, peut-être insuffisants en regard des passagers à évacuer.

Trente minutes après que le navire eut commencé à gîter, un membre d'équipage a demandé à un contrôleur du trafic maritime si les passagers seraient secourus s'ils abandonnaient le navire au large de la côte méridionale du pays. Ce membre d'équipage a posé la question à trois reprises.

Cela faisait suite à plusieurs déclarations venant du traversier selon lesquelles les passagers ne pouvaient pas se déplacer, et à une autre voulant qu'il était « impossible de diffuser » des instructions.

Plusieurs personnes ont respecté l'ordre initial du capitaine et sont demeurées sous le pont, où l'on craint qu'ils soient toujours coincés.

Le capitaine Lee a indiqué qu'il redoutait que les courants très forts sur les lieux du naufrage ne les emportent s'ils se jetaient à l'eau. Il n'a en revanche fourni aucune explication sur les raisons pour lesquelles il a déserté le Sewol.

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