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Le vice-président américain Joe Biden est en visite de deux jours en Ukraine

21/04/2014 09:41 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - La Russie a «des jours, et non des semaines» pour se conformer à un accord international visant à mettre fin à la crise en Ukraine, a indiqué un haut diplomate américain, lundi, à Kiev, alors que le vice-président américain Joe Biden consolidait par sa visite au pays l'appui des États-Unis au gouvernement ukrainien pro-Occidental.

La Russie a accusé à son tour les autorités à Kiev de violer l'entente de manière flagrante, et a déclaré que leurs actions ne pouvaient pas être tolérées.

M. Biden, le plus haut responsable américain à visiter l'Ukraine depuis le début du récent conflit avec la Russie, a donné le coup d'envoi à sa visite hautement médiatisée de deux jours en Ukraine, lundi. Il veut ainsi témoigner du soutien de Washington envers la nation et faire pression pour favoriser la mise en oeuvre d'un accord international visant à faire baisser les tensions, alors que les violences se poursuivent sur le terrain.

Pendant ce temps, du côté de Washington, le département d'État publiait des images de présumés soldats russes qui auraient été prises dans l'est de l'Ukraine et qui prouveraient que Moscou a déployé des troupes afin d'attiser les tensions chez son voisin.

M. Biden doit rencontrer mardi des leaders du gouvernement intérimaire qui a pris la relève après que le président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch eut été chassé du pouvoir, en février, après des mois de manifestations.

Selon la Maison-Blanche, le président Barack Obama et son vice-président ont conclu que ce dernier devrait effectuer la visite de deux jours dans la capitale ukrainienne, Kiev, afin de lancer un signal clair de soutien à l'endroit des politiques de réforme souhaitées par le gouvernement intérimaire.

Il sera également question de la déclaration signée la semaine passée par des diplomates d'Ukraine, de Russie, des États-Unis et de l'Union européenne. Ce texte appelle notamment à un désarmement de tous les groupes illégaux et exige des séparatistes pro-russes qu'ils rendent à Kiev tous les édifices gouvernementaux actuellement occupés.

Le vice-président doit prendre part à une série de rencontres, mardi, notamment avec Arseni Iatseniouk et Alexandre Tourtchinov, respectivement premier ministre et président ukrainien. Il doit également s'entretenir avec des législateurs provenant des quatre coins de l'Ukraine et avec des militants pro-démocratie avant de rentrer à Washington, mardi soir.

Un haut responsable gouvernemental a précisé aux journalistes se trouvant à bord de l'avion vice-présidentiel, Air Force Two, que M. Biden devrait annoncer de nouvelles mesures pour aider l'Ukraine à mettre sur pied des réformes économiques et énergétiques.

Il doit également discuter des préparatifs en vue des élections générales, prévues pour le mois prochain, et de la situation dans l'est de l'Ukraine, où des insurgés accusent Kiev de vouloir éliminer de la carte les russophones de la région.

La Maison-Blanche a ajouté lundi de l'eau au moulin de l'Occident, qui soupçonne la Russie d'envoyer des troupes dans l'est de l'Ukraine pour exacerber les tensions.

Les journalistes ont eu accès à un document du département d'État qui comprend des clichés tirés par des «citoyens préoccupés» en Crimée et dans la ville de Slaviansk.

On y aperçoit des individus qui sont vêtus de la même façon que les soldats russes et qui sont armés des mêmes lance-roquettes RPG-30.

L'authenticité des photographies n'a pu être confirmée. Elles proviendraient de l'Internet ou auraient été remises la semaine dernière à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) par des diplomates ukrainiens.

À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a rejeté les accusations selon lesquelles la Russie fomente les troubles dans l'est de l'Ukraine et ne se conforme pas à l'entente de Genève.

«Avant d'y aller d'ultimatums contre nous, réclamant certaines actions en l'espace de deux ou trois jours en menaçant de sanctions, nous appellerions de manière urgente notre partenaire américain à reconnaître pleinement la responsabilité de ceux qu'il a porté au pouvoir et qu'il tente de protéger, fermant ses yeux devant les atrocités commises par ce régime et par les combattants sur lesquels repose ce régime», a dit le ministre russe en conférence de presse.

Les propos et les actions des leaders ukrainiens sont «tout à fait inacceptables», a-t-il déclaré.

L'ambassadeur américain en Ukraine, Gregory Pyatt, a affirmé qu'il était encore trop tôt pour déterminer si l'entente allait être un succès, mais il a ajouté que la «balle était vraiment dans le camp de Moscou».

«Il doit y avoir des résultats concrets», a dit M. Pyatt aux journalistes à Kiev. Il a affirmé que les États-Unis prendraient une décision relativement aux chances de succès de l'entente en l'espace de «jours, et non de semaines».

«Globalement, nous sommes inquiets de la situation, et nous exhortons les groupes paramilitaires dans l'est et le sud de l'Ukraine à remettre leurs armes et à quitter les édifices qu'ils ont occupés, tel qu'il a été convenu dans l'accord signé à Genève la semaine dernière», a aussi indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

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