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Le projet d'union entre Barrick et Newmont connaîtrait des difficultés

21/04/2014 10:39 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La longue période de fréquentation entre Barrick Gold et un autre des plus grands producteurs aurifères nord-américains connaîtrait des difficultés malgré les avantages qu'apporterait leur mariage dans le contexte de faiblesse des prix des métaux précieux qui prévaut, ont estimé lundi des analystes de l'industrie.

«Cette union aurait du sens — sur papier», a observé Pawel Rajszel, analyste pour Veritas Investment Research. «Pour ce qui est de savoir si elle va se produire, c'est difficile à dire. Le fait qu'elles discutent depuis plus de deux décennies ne me donne pas beaucoup de confiance.»

Malgré tout, M. Rajszel juge que Barrick, la plus grande minière aurifère au chapitre de la valeur boursière, pourrait réaliser des économies de coûts d'au moins 500 millions $ en fusionnant avec Newmont Mining, du Colorado (NYSE:NEM).

Chacune des deux sociétés génère de 40 à 45 pour cent de ses flux de trésorerie grâce à ses grands projets miniers au Nevada. Un mariage pourrait réduire les niveaux de main-d'oeuvre et les frais généraux, en plus de permettre d'obtenir de meilleurs prix de la part des fournisseurs — des synergies que certains analystes évaluent à jusqu'à un milliard $, soit deux fois plus que les estimations de M. Rajszel.

La nouvelle entité née du regroupement deviendrait le plus grand producteur aurifère au monde, avec une production annuelle de près de 11 millions d'onces.

Selon certains médias, des désagréments au sujet des actifs à combiner et des prix ont empêché l'union des deux entreprises par le passé. Mais M. Rajszel croit que le moment actuel pourrait être meilleur — si les deux parties peuvent passer outre leur plus récent accrochage — parce que les producteurs sont en proie à une pression accrue avec la faiblesse de leurs marges, le prix de l'or devant rester aux environs des 1300 $ US l'once pendant encore quelques années, selon certains observateurs.

«Alors nous nous retrouvons dans un environnement où les réductions de coûts sont le sujet de l'heure — au moins du point de vue du marché, ils seraient poussé dans cette direction. Lorsque les prix de l'or grimpent, personne ne se soucie des coûts parce que tout le monde fait de l'argent», a expliqué M. Rajszel depuis Toronto.

L'action de Barrick (TSX:ABX) a reculé lundi de 78 cents, soit 3,9 pour cent, à 19,03 $ à la Bourse de Toronto. À New York, le titre de Newmont a avancé de 1,51 $ US, soit 6,4 pour cent, à 25,05 $ US, certains investisseurs s'attendant à une prime pour une transaction toute en action. La valeur boursière de Barrick est de 22,2 milliards $, soit près du double de cette de 12,6 milliards $ US de Newmont, d'après la valeur des cours à la fermeture.

Des articles du Wall Street Journal, de Bloomberg et d'autres médias, citant des sources non identifiées, ont indiqué ce week-end que Barrick et Newmont travaillaient sur une entente qui devait être conclue autour de leur assemblée annuelle respective, ce mois-ci.

La torontoise Barrick tiendra son assemblée annuelle le 30 avril, alors que son fondateur Peter Munk devrait quitter le poste de président du conseil d'administration. L'assemblée de Newmont est prévue pour mercredi.

Le départ imminent de M. Munk pourrait faire en sorte qu'une entente soit conclue dans les semaines à venir, a estimé M. Rajszel.

«Si ça se trouve, il voudrait probablement que l'entente aille de l'avant parce qu'il croit que cela contribuerait davantage à son héritage et créerait une plus grande société, plus solide, qui aurait de moindres coûts et qu'il laisserait, par le fait même, en meilleure santé.»

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