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L'aura du futur saint Jean Paul II plane dans les théâtres romains

21/04/2014 12:45 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Inspiration papale sur la Ville éternelle: plusieurs spectacles traduisent en danse et musique la vie extraordinaire de Jean Paul II, qui sera canonisé dimanche, dans un mélange inhabituel de foi et de showbiz.

Prêtres et religieuses sont venus en force assister à la représentation de "Karol Wojtyla: la véritable histoire", l'un des - au moins trois - spectacles liés au pape polonais et donnés cette semaine à Rome.

En coulisses, Virgilio Brancaccio, 26 ans, revêtu d'une soutane pourpre de cardinal, répète son rôle.

"Le plus difficile pour moi c'est d'arriver à mélanger son immense charisme et sa grande douceur, sa pureté", explique le jeune acteur, qui incarne le pape dans cette comédie musicale retraçant la vie de Lolek -comme il était surnommé en Pologne- jusqu'au jour où il fut élu pape.

"Nous connaissons sa papauté, mais nous ne savons pas vraiment quel adolescent il était", ajoute Brancaccio, ancien participant de l'émission de télé-réalité X Factor.

Dans le public, Soeur Carmela, de la congrégation Sainte-Anne, est aux anges.

"Nous prions déjà beaucoup et c'est un vrai cadeau de voir ça avant la canonisation", s'émerveille-t-elle. Attirée par l'affiche, elle s'est précipitée: "je le connaissais bien: il m'a bénie quand j'étais étudiante".

Né en 1920, Wojtyla est lui-même monté sur les planches dans les années 1930 alors qu'il étudiait les langues à l'Université Jagellonian de Cracovie, écrivant et jouant des pièces y compris pendant la guerre.

En vue de sa canonisation, le séminaire français à Rome a monté une pièce écrite par Wojtyla et intitulée "Le frère de notre Dieu", qui raconte la vie de Saint Adam Cmielowski, un prêtre devenu moine.

"valeurs de l'Evangile"

Pour le père Giuseppe Spedicato, auteur d'une autre comédie musicale sur Wojtyla, cette expérience théâtrale l'a bien préparé à la papauté.

"Le théâtre, la philosophie et la foi se sont mêlés en une superbe synthèse", explique-t-il en surveillant la répétition générale de son spectacle intitulé "N'ayez pas peur", la célèbre phrase prononcée par Jean Paul II juste après son élection.

Le père Spedicato avait évoqué l'idée de ce spectacle devant le pape polonais lorsque ce dernier était venu lui rendre visite en 1994 dans son diocèse de Lecce, dans l'extrême sud de l'Italie. "Il m'a répondu +allez-y!+", raconte-t-il. "Comme chrétiens et comme prêtres, nous utilisons le théâtre aussi pour transmettre les valeurs et les enseignements de l'Evangile".

Le spectacle, financé par le ministère de la Culture du Vatican, débute lundi près de la basilique Saint-Pierre et ses promoteurs rêvent de compter le pape François, venu en voisin, parmi les spectateurs.

Le pape argentin est d'ailleurs lui aussi honoré par une nuit de chants et de danses au Piper - une discothèque très en vue à Rome - le jour des canonisations de Jean Paul II et de l'un de ces prédecesseurs à la tête de l'Eglise, Jean XXIII.

Ce dernier n'est d'ailleurs pas en reste: Guido et Diego Roncalli, petits neveux du pape italien initiateur du Concile Vatican II qui allait révolutionner l'Eglise catholique au début des années 1960, donnent lecture de ses écrits, avec accompagnement au violoncelle.

Le mélange entre foi et spectacles n'est pas aussi répandu en Italie qu'on pourrait le croire, mais il habite Danilo Brugia, qui incarne Jean Paul II dans "N'ayez pas peur" après avoir participé dans le passé à un show télévisé où il se produisait en Elton John revêtu d'un costume agrémenté de sequins et d'ailes blanches.

"Je suis né en 1978, exactement quand lui a été élu pape. Et il m'a accompagné dans ma vie jusqu'à sa mort. Je m'adresse souvent à lui dans mes prières", confie-t-il, avant de répéter sa scène favorite: la rencontre de Jean Paul II, avec le Turc Ali Agca, qui avait attenté à sa vie en 193.

Mais tous les acteurs n'ont pas cette inspiration religieuse.

"C'est notre travail de nous transformer!", remarque Roberto Rossetti, qui joue le rôle d'Edmund, frère du futur pape dans "Karol Wojtyla: la véritable histoire".

"Parfois nous devons croire en ce que nous ne croyons pas et faire en sorte que le public nous croie. Nous avons étudié comment faire semblant!"

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