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Retour en France des journalistes français libérés après dix mois de captivité en Syrie

20/04/2014 02:55 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

Les quatre journalistes français libérés après dix mois d'une éprouvante captivité en Syrie aux mains d'un groupe lié à Al-Qaïda sont arrivés dimanche en France.

Plus de 24 heures après l'annonce suprise de leur libération, les premiers éléments sur leur prise d'otages commencent à apparaître. L'un des quatre ex-otages, Nicolas Hénin, a notamment raconté sa tentative avortée d'évasion et une "longue errance de lieux de détention en lieux de détention" dans un pays ravagé par la guerre civile.

Les quatre hommes, libérés en Turquie par leurs ravisseurs, sont arrivés tôt dimanche matin à Evreux, dans le nord-ouest de la France, pour une courte escale avant de gagner l'aéroport militaire de Villacoublay, où les attendent leurs familles et le président François Hollande.

Depuis le début de la guerre qui oppose le régime du président Bachar al-Assad aux rebelles ayant juré sa perte au printemps 2011, des dizaines de reporters syriens et étrangers ont été enlevés en Syrie.

La libération des otages français intervient après celle de plusieurs journalistes européens qui se trouvaient aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes jihadistes en Syrie.

Mais de nombreux journalistes, dont les Américains Austin Tice, disparu depuis août 2012, et James Foley, qui a collaboré avec l'AFP, disparu depuis novembre 2012, sont toujours otages.

Le président français François Hollande avait annoncé samedi lui-même samedi à l'AFP la libération des quatre reporters, Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torrès, otages depuis juin 2013.

Les quatre hommes sont "en bonne santé en dépit des conditions très éprouvantes de leur captivité", avait ajouté le président.

- Tentative d'évasion -

Dans une interview à la chaîne d'informations France 24, Nicolas Hénin a donné des détails sur sa captivité, notamment sa tentative avortée d'évasion trois jours après son enlèvement.

"Le principal risque je l'ai surtout pris trois jours après mon enlèvement, parce que je me suis évadé, que j'ai passé une nuit en liberté à courir dans la campagne syrienne avant de me faire rattraper par mes ravisseurs", a-t-il dit.

"En tout, je suis passé par une dizaine de lieux de captivité (...). La plupart du temps, avec d'autres personnes, notamment Pierre Torrès qui m'a rejoint assez vite. Cela a été une longue errance de lieux de détention en lieux de détention", a poursuivi le reporter du magazine Le Point.

"Epuisé, vraiment fatigué (...) et surtout rempli d'une immense joie", Nicolas Hénin a désigné ses ravisseurs comme "un groupe qui se réclamait d'un mouvement jihadiste".

"D'habitude, on n'était pas très bien nourris, et des gardiens sont venus dans notre cellule, nous ont apporté un repas au-dessus de l'ordinaire, et puis nous ont demandé si on voulait manger davantage, ce qui n'arrivait d'habitude jamais", a-t-il raconté en parlant de ses dernières heures de détention. "Là, on s'est dit : +Il y a quelque chose+.. Et en effet, on a pas eu le temps de toucher à cette nourriture, puisqu'on est venu nous voir dans la minute suivante en nous disant +allez hop, on part à la frontière".

Les quatre journalistes ont été retrouvés par une patrouille de l'armée turque dans la nuit de vendredi à samedi dans le no man's land de la frontière séparant la Turquie et la Syrie, près de la petite ville turque d'Akçakale (sud-est).

Didier François, grand reporter à la radio Europe 1, et le photographe Edouard Elias avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013.

Nicolas Hénin, reporter à l'hebdomadaire français Le Point, et Pierre Torrès, photographe indépendant, avaient été enlevés le 22 juin à Raqqa.

Selon plusieurs sources, les quatre journalistes étaient ensemble, au moins dans la phase finale de leur captivité, aux mains des mêmes ravisseurs.

Fin mars, Javier Espinosa et Ricardo Garcia Vilanova, deux journalistes espagnols enlevés par l'EIIL, un groupe armé lié à Al-Qaïda, avaient été libérés après six mois de captivité.

Un journaliste du quotidien catalan El Periodico, Marc Marginedas, enlevé lui aussi par l'EIIL le 4 septembre, avait été libéré le 2 mars.

Selon l'association Reporters sans Frontières (RSF), neuf journalistes étrangers et plus de vingt acteurs syriens de l'information sont toujours otages ou portés disparus en Syrie.

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