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Récit de Nicolas Hénin: faim, froid et maltraitance

20/04/2014 02:37 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Ce dont les journalistes otages en Syrie ont "le plus souffert", du moins pendant la première partie de leur détention aux mains de jihadistes, "c'est du manque de nourriture", a confié dimanche l'un des otages, Nicolas Hénin.

Interrogé par la chaîne Arte, sur laquelle il avait avant sa capture régulièrement diffusé des reportages, Nicolas Hénin a déclaré: "Ce dont on a le plus souffert pendant toute la première partie de notre détention, c'est du manque de nourriture. Heureusement on nous a donné au cours des derniers mois de quoi nous remplumer".

"Le froid, également, nous n'avions pas d'eau chaude", a-t-il ajouté. "J'ai gardé les habits avec lesquels j'ai été capturé le 22 juin jusqu'au 23 décembre".

"Il y a eu également un peu de maltraitance physique, mais cela tous les prisonniers syriens y passent" a poursuivi Nicolas Hénin. "La Syrie a toujours été un grand centre mondial de la torture".

"Chaque fois qu'on nous changeait de lieu de détention, ils nous disaient qu'ils allaient nous libérer pour qu'on se tienne tranquille pendant le transport. De toutes façon on se tenait tranquille, on étaient attachés", a-t-il ajouté.

Il a toutefois précisé avoir toujours gardé confiance: "Régulièrement ils venaient chercher des preuves de vie, faire des vidéos de nous ou nous poser des questions secrètes, qui venaient de nos familles, et c'était extrêmement réconfortant".

Il a enfin indiqué qu'après avoir réussi au troisième jour de sa détention à fausser compagnie à ses geôliers et à s'éloigner d'une dizaine de kilomètres avant d'être repris, il avait décidé de ne plus rien tenter. "S'ils me buttent, ce sera leur décision", a-t-il dit.

mm/bir

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