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Pakistan : commission d'enquête sur l'attentat contre un journaliste célèbre

20/04/2014 10:35 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement du Pakistan a annoncé dimanche la constitution d'une commission spéciale d'enquête sur l'attentat la veille contre le célèbre journaliste, Hamid Mir, dont le frère, Amir Mir, a rejeté la responsabilité sur le puissant service de renseignement ISI.

Hamid Mir, qui présente un talk show très populaire sur la chaîne de télévision Geo News, a été touché samedi par trois balles, mais a survécu.

Le journaliste se rendait en voiture de son bureau à l'aéroport international Jinnah de Karachi (sud du Pakistan) lorsque son véhicule a été attaqué.

Selon le bureau du Premier ministre Nawaz Sharif une commission de trois magistrats sera constituée aux fins de l'enquête.

Une prime de 10 millions de roupies (102.745 dollars) récompensera quiconque fournira des informations pouvant mener à l'arrestation des agresseurs.

Hamid Mir critique depuis longtemps les services de renseignement (ISI) et l'armée, les accusant d'être impliqués dans la disparition de milliers de personnes au Baloutchistan, province du Sud-Ouest du Pakistan où plusieurs groupes de rebelles sécessionnistes sont actifs.

Son frère Amir Mir, lui-même journaliste, a ouvertement accusé samedi l'ISI, qui dépend de l'armée pakistanaise, d'être responsable de l'attentat.

"Il m'avait dit que si quelque chose lui arrivait, le chef de l'ISI, le général Zaheer ul-Islam, en serait responsable", a déclaré Amir Mir à l'AFP.

L'année dernière, il avait échappé à un attentat à Islamabad. Une bombe placée sous sa voiture avait été désamorcée avant d'avoir pu exploser.

Le service de presse des forces armées pakistanaises, l'ISPR, a rejeté les accusations d'Amir Mir. "Emettre des allégations contre l'ISI ou contre le chef de l'ISI sans aucun fondement est profondément regrettable et mensonger", a déclaré l'ISPR dans un communiqué.

L'armée "condamne" l'attentat contre Hamid Mir et "réclame une enquête indépendante", ajoute le communiqué.

Les divers services de renseignement pakistanais sont depuis longtemps accusés de harceler ou de menacer les journalistes.

Les groupes de défense des droits de l'homme considèrent que le Pakistan est l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes.

Le mois dernier, Raza Rumi, un présentateur de télévision en vue, connu pour ses propos critiques sur les talibans, a survécu à un attentat similaire à celui de samedi, à Lahore, deuxième ville du Pakistan.

Selon l'association Reporters sans Frontières (RSF), sept journalistes ont été tués l'année dernière au Pakistan.

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