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Nouveaux heurts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est: 16 Palestiniens arrêtés

20/04/2014 09:00 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

La police israélienne a arrêté dimanche 16 Palestiniens musulmans lors de la dispersion d'un nouveau rassemblement spontané sur l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville de Jérusalem, où se déroulaient également la célébration des Pâques chrétiennes.

"Ce matin, après l'ouverture du site aux visiteurs et aux touristes, des suspects ont jeté des blocs de pierres et des cailloux sur les forces de police, blessant deux d'entre eux", a affirmé à l'AFP un porte-parole de la police.

Les manifestants, dispersés à coups de grenades assourdissantes, se sont ensuite retranchés dans la mosquée Al-Aqsa, où la police n'a pas le droit de pénétrer, a ajouté Micky Rosenfeld.

Ils protestaient contre la nouvelle venue dimanche matin sur l'esplanade des Mosquée d'un député juif d'extrême-droite, un acte qu'ils considèrent comme une provocation.

Dans un communiqué, une autre porte-parole, Louba Samri, a précisé que "seize émeutiers arabes ont été arrêtés dimanche matin", en plus des huit personnes déjà arrêtées samedi.

A Ramallah (Cisjordanie), le ministère palestinien des Affaires étrangères a "condamné les interdictions faites aux fidèles musulmans et chrétiens de se rendre sur leurs lieux saints" à Jérusalem, les qualifiant de "fascistes et racistes", dans un communiqué publié dimanche par l'agence officielle Wafa.

Depuis une semaine, les heurts entre fidèles musulmans et forces de sécurité se multiplient sur l'esplanade, que les musulmans appellent le "Noble sanctuaire" et les juifs "Mont du Temple", un lieu sacré pour l'islam comme pour le judaïsme.

Des dizaines de Palestiniens avaient été blessés mercredi lors de heurts avec la police après que celle-ci ait ouvert à des visiteurs juifs les portes de l'esplanade, située à Jérusalem-Est annexé.

Les non-musulmans peuvent se rendre sur ce site mais les juifs ne sont pas autorisés à y prier. Toutefois, des juifs nationalistes religieux, réclamant le droit d'y prier, tentent cependant souvent d'y entrer.

Le député Moshé Feiglin, membre de la faction la plus radicale du Likoud (droite nationaliste), qui se rend régulièrement sur l'esplanade des Mosquées, a déploré sur sa page Facebook n'avoir été autorisé dimanche à ne "rester que 3 minutes" par la police israélienne pour prier.

"C'est la dernière fois que je me plie à ces exigences de la police", a écrit le député sur sa page Facebook.

Par crainte de nouveaux troubles, la police israélienne a annoncé dimanche dans un communiqué restreindre l'accès des musulmans à l'esplanade: seuls les fidèles âgés de plus de 50 ans et les femmes sont autorisés à y prier.

Plusieurs dizaines de milliers de pèlerins et de touristes affluent depuis une semaine à Jérusalem où juifs et chrétiens orthodoxes et catholiques célèbrent cette année Pâques la même semaine.

Dans un communiqué, l'ONU, par la voix de son coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a accusé la police israélienne d'avoir empêché une procession de Palestiniens chrétiens de se rendre au Saint-Sépulcre, le lieu de la crucifixion et de la résurrection du Christ, selon la tradition.

M. Serry, qui s'est dit "consterné", a appelé "toutes les parties à respecter le droit de liberté religieuse et l'accès aux lieux saints pour les fidèles de toutes les confessions, et à s'abstenir de toute provocation, en particulier durant les fêtes religieuses".

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a qualifié ce communiqué "d'étrange", assurant que les cérémonies pascales se sont déroulées "pacifiquement" grâce "au travail de la police de Jérusalem qui a géré l'événement avec le professionnalisme et la sensibilité nécessaires pour réguler les mouvements de foule et assurer la sécurité des participants" aux cérémonies.

Enfin, lors de la messe solennelle de la Résurrection du Christ qu'il a célébrée dans la basilique du Saint-Sépulcre, le Patriarche latin (catholique romain) de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, a dénoncé la persécution des chrétiens à travers le monde, notamment au Moyen-Orient.

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