NOUVELLES

Marathon de Boston : le triomphe d'une survivante

20/04/2014 09:01 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Fiers sont les coureurs du marathon de Boston, le plus célèbre marathon et l'un des plus exigeants. Encore plus résilients sont ceux qui, comme Heather Abbot, amputée des attentats de 2013, pourront courir ne serait-ce qu'un kilomètre.

Un texte de Tamara Altéresco

Heather Abbott, 39 ans, adore le marathon de Boston. C'était pour elle une tradition d'y assister, de se tenir près de la ligne d'arrivée sur la rue Boylston et d'encourager les coureurs à quelques pas de la fin.

Elle sera là encore cette année, mais elle n'est plus la même. Sa vie a chaviré quand la deuxième bombe a explosé, le 15 avril 2013.

« J'ai été propulsée a l'intérieur d'un restaurant et mon pied gauche était en feu. Les gens hurlaient et criaient. »

« C'est quand je me suis réveillée à l'hôpital, après une première chirurgie, que ma mère m'a annoncé que les médecins ne pourraient pas sauver ma jambe. Du jour au lendemain, j'ai compris que j'étais désormais une amputée. Et j'ai décidé de l'accepter. »

« J'ai compris très rapidement que je ne pouvais rien changer à ma situation. Et la suite des choses, c'était de tout faire pour me guérir et retrouver une vie normale. »

Aujourd'hui, Heather fonctionne du mieux qu'elle peut grâce à quatre prothèses, chacune moulée différemment. Une avec laquelle elle marche tous les jours, une autre pour nager, une troisième qui lui permet même de porter des talons - ce à quoi elle tenait! Puis la dernière, une prothèse dynamique avec laquelle elle peut courir, et qu'elle enfilera contre toute attente pour le marathon lundi.

« Je suis excitée parce que c'est une journée qui a toujours été importante pour moi. Et je refuse d'y renoncer. J'ai même hâte d'y être. »

« J'ai décidé de me joindre à la course pour en courir le dernier demi-mille, et de le faire avec celle qui m'a sauvé la vie. C'est une femme que j'ai rencontrée dans le chaos l'an dernier, et dans des circonstances horribles. N'eut été d'elle, je serais peut-être morte, je ne serais pas ici. »

« Elle participe au marathon et pour moi, d'être à ses côtés pour franchir la ligne, c'est une façon, probablement la meilleure façon, de me réapproprier cette ligne d'arrivée, et ce grand jour de marathon. »

36 000 coureurs sont inscrits à la course cette année. Parmi eux se trouvent des centaines de coureurs qui n'ont pas pu la finir l'an dernier quand le temps s'est arrêté.

PLUS:rc