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Son agresseur bientôt libéré, un ex-policier craint pour sa sécurité

20/04/2014 06:23 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT
Radio Canada

À quelques jours de la fin de la sentence de son agresseur, Walter Filipas, un ancien policier de Montréal grièvement blessé par balles il y a 20 ans, craint pour sa sécurité et celle du public.

Un texte de Denis-Martin Chabot Twitter Courriel

Le 22 mai 1993, vers 2 h du matin, une simple patrouille de routine se transforme en drame quand Walter Filipas et sa partenaire deviennent la cible d'un récidiviste armé, récemment évadé de prison.

Depuis 21 ans, Walter Filipas vit avec le souvenir de son agression bien imprimé dans son visage. « Il a tiré un coup [au travers de la joue]. Ça a sorti en arrière de ma tête, près de ma colonne vertébrale. Moi, j'étais inconscient. Il a mis la deuxième balle ici [sur la tempe]. Il a tiré un coup et ç'a sort ici [près de l'oreille] », dit l'ancien policier.

Les médecins ne lui donnaient pas plus de 5 % de chance de survie. Mais il s'en est sorti. Par contre, le côté droit de son visage est à jamais paralysé. Ses cordes vocales et sa gorge atteintes, Walter Filipas a dû réapprendre à parler et à manger.

« Je ne peux pas chanter ou crier parce que je n'en ai pas les capacités. L'ouïe de cette oreille-là est baissée de 30 %. Ça sonne toujours un sifflet dans mon oreille », mentionne-t-il.

Son agresseur, Claude Forget, a été arrêté le 12 juin 1993. Il a plaidé coupable à deux tentatives de meurtre.

Lorsqu'il sortira de prison, il aura servi sa sentence au complet. La commission des libérations conditionnelles a refusé toutes ses requêtes parce qu'elle le jugeait trop dangereux.

Un ami de Forget, qui le conseille depuis 10 ans, estime au contraire qu'il n'est plus le même homme. « Il n'a aucune malice. Il n'a aucun esprit de vengeance. Rien. Il a posé un geste et il en a subi les conséquences », plaide Bertrand Bouchard.

Pour sa part, Walter Filipas a pardonné à son agresseur. « Si on ne pardonne pas, côté social, côté personnel, ça tire constamment la rage dans ta tête. »

Claude Forget pourrait toutefois ne pas sortir de prison comme prévu le 25 avril prochain. Selon Magali Bernier, procureure de la Couronne de Drummondville, la ville où se situe le pénitencier où est incarcéré Forget, le ministère public veut lui imposer des conditions à sa libération. « On va demander au tribunal qu'il y ait pendant une certaine période de temps des conditions imposées à Monsieur Forget lors de sa sortie de prison », indique Me Bernier.

Or, Claude Forget a refusé de s'engager à respecter ces conditions comme, entre autres, ne pas troubler la paix, de ne pas consommer d'alcool ou de drogue, ou ne pas être en possession d'une arme à feu.

Cela pourrait vouloir dire une année de prison de plus.