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Abdullah largement en tête de la présidentielle afghane, 2e tour en vue

20/04/2014 03:12 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

L'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah est en tête de l'élection présidentielle afghane selon les résultats partiels rendus publics dimanche, qui lui donnent une avance accrue sans pour autant lui assurer une élection dès le premier tour.

Sur la base d'un peu moins de la moitié des bulletins de vote issus des 34 provinces du pays, Abdullah Abdullah est crédité de 44,4 % des suffrages exprimés, a précisé la Commission électorale indépendante, contre 33,2 % pour l'universitaire Ashraf Ghani, son principal adversaire, pro-occidental.

« Nous nous attendions à cette avance, ce n'est pas une surprise, mais peut-être nous attendions-nous à une avance plus importante », a déclaré Abdullah Abdullah lors d'un entretien à Reuters à son domicile à Kaboul. « Nous espérons toujours que les élections s'achèveront au premier tour. »

Pour l'emporter, un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages exprimés. Si aucun d'eux n'y parvient au premier tour, les deux candidats arrivés en tête s'affronteront lors d'un second tour. Les résultats définitifs sont attendus le 14 mai et un éventuel second tour aurait lieu fin mai.

Abdullah Abdullah a écarté dimanche l'hypothèse d'une manipulation visant à lui épargner un second tour.

« L'idée de former une coalition afin d'éviter un second tour n'est pas à l'ordre du jour, en tout cas nous n'entendons pas nous engager sur cette voie », a-t-il dit. « Le peuple d'Afghanistan mérite un résultat clair. »

Il a précisé avoir discuté avec Zalmaï Rassoul, donné en troisième position par les résultats partiels avec 10,4 % des voix. L'hypothèse d'une alliance entre les deux hommes dans le but de battre Ashraf Ghani au second tour est jugée de plus en plus probable.

Le président sortant, Hamid Karzaï, ne pouvait pas se représenter après deux mandats successifs.

Un million de bulletins invalidés?

Le processus électoral est surveillé de près par l'Occident, qui doit achever son désengagement militaire d'Afghanistan d'ici la fin de cette année.

La présidentielle de 2009 avait été entachée de multiples accusations de fraudes massives et de bourrages d'urnes et selon certains observateurs, celui de cette année s'est déroulé dans des conditions pires encore. Plus d'un million de bulletins pourraient ainsi être invalidés.

Des estimations officielles ont chiffré le taux de participation à 60 % sur un total de 12 millions d'électeurs inscrits. Mais jusqu'à 18 millions de cartes d'électeur sont en circulation.

La commission électorale a averti que la fraude risquait de retarder l'ensemble du processus électoral.

« Des responsables de haut rang, y compris des gouverneurs et des parlementaires, ont participé aux bourrages d'urnes », a déclaré à Reuters l'un des candidats, Gul Agha Sherzaï, ancien gouverneur de la province de Kandahar. « Des commandants de district, des responsables de la police, tout le monde est impliqué », a-t-il ajouté.

Dans la seule province d'Herat, le responsable de la commission des recours électoraux a déclaré dimanche à Reuters que 100 000 bulletins de 27 bureaux de vote avaient été invalidés.

Abdullah Abdullah a reconnu que la fraude était un problème mais il a jugé que le scrutin du 5 avril s'était, de ce point de vue, mieux passé que celui de 2009.    

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