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Naufrage du ferry en Corée: les prélèvements d'ADN, un pas vers la fin de l'espoir

19/04/2014 04:13 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Donner un échantillon de son ADN pour aider à l'identification des corps qui seront retrouvés dans le ferry naufragé au large de la Corée du Sud sonne le glas des espoirs pour les parents des lycéens disparus. Et certains s'y refusent.

"Jusqu'à hier, j'avais encore un peu d'espoir", raconte à l'AFP Han Mi-Ok, dont le fils, Song Kang-Hyun, est un des 325 lycéens en voyage scolaire à bord du Sewol, le ferry qui a fait naufrage mercredi à quelques km de la côte méridionale de Corée de Sud.

"Mais aujourd'hui, je me prépare au pire", dit-elle avant de rentrer dans une tente installée sur Jindo, l'île voisine du lieu de la catastrophe, où sont regroupés les proches des disparus.

Dans cette tente blanche et verte, quatre hommes de la police scientifique des garde-côtes de Corée recueillent des prélèvements auprès des familles qui le souhaitent.

Le but? Faciliter l'identification des 29 cadavres retrouvés, mais surtout de ceux qui seront récupérés par les plongeurs au sein du ferry immergé, au fur et à mesure des opérations de recherches.

Sur les 476 personnes à bord du ferry lors du naufrage mercredi matin, 273 manquent encore à l'appel, dont la grande majorité sont des lycéens de l'école Danwon à Ansan, au sud de Séoul.

Accompagnée de sa fille, qui ne fréquentait pas la même école que le fils disparu, Han Mi-Ok frotte à l'intérieur de sa bouche un coton-tige qu'elle tend ensuite à l'équipe de la police scientifique. "Même si mon fils était encore en vie, je ne pense qu'il pourra être atteint à temps", dit-elle.

Après plus de 48 heures à lutter contre de violents courants et une visibilité quasi-nulle, les plongeurs sont enfin parvenus samedi matin à entrer dans la partie passagers du Sewol. A travers une fenêtre, ils ont aperçu trois corps flottant mais ne sont pas parvenus à briser la vitre pour les récupérer.

Ils sont encore peu nombreux à effectuer la même démarche que Mme Han. La plupart des parents ne peuvent pas se résigner à abandonner tout espoir.

"Bien sûr que non!! Ca apporterait quoi?" hurle une mère à laquelle on demande si elle veut donner un peu de sa salive.

Dans le gymnase voisin, où sont accueillis des centaines de proches des disparus, Nam Sung-Won, dont le neveu de 17 ans était à bord du ferry, pense que samedi est la journée de la dernière chance.

"Nous n'avons vraiment plus beaucoup de temps. Beaucoup pensent que c'est le dernier jour possible pour retrouver vivants des passagers", dit-elle. "Passé aujourd'hui, ce sera fini".

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