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Les prorusses se préparent à passer Pâques sur les barricades

19/04/2014 09:05 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

MOSCOU - Les forces prorusses stationnées dans l'est de l'Ukraine se préparaient à célébrer Pâques sur les barricades érigées devant les édifices gouvernementaux dont ils ont pris le contrôle dans une dizaine de villes, même si les puissances mondiales plaident en faveur d'un désarmement et d'une libération des lieux pris en otage.

Du côté de Donetsk, Denis Pouchiline, chef de la République autoproclamée du peuple de Donetsk — qui demande des pouvoirs régionaux élargis et des liens plus étroits avec la Russie — a déclaré que les insurgés continueraient à occuper les bureaux gouvernementaux jusqu'à ce que le nouveau gouvernement pro-occidental de Kiev quitte le pouvoir.

Il a affirmé que ce devait être «d'abord Kiev, puis Donetsk».

Les prorusses demeurent donc campés sur leurs positions, deux jours après que des diplomates de l'Ukraine, de la Russie, des États-Unis et de l'Union européenne eurent publié une déclaration demandant la mise en oeuvre d'une série d'actions visant à apaiser les tensions.

Denis Pouchiline a malgré tout indiqué à l'agence de presse russe RIA-Novosti que son groupe était prêt à prendre part à une «table ronde nationale» afin de trouver des moyens de désamorcer la crise.

La tenue de cette table ronde a été proposée par Ioulia Timochenko, ancienne première ministre et candidate en vue des élections présidentielles ukrainiennes, prévues le 25 mai.

Pendant ce temps, le ministère russe des Affaires étrangères s'engageait à venir en aide à l'Ukraine afin de l'aider à surmonter la crise, et le président de la Russie, Vladimir Poutine, assurait qu'il ne voyait aucun obstacle à une amélioration des relations avec l'Occident.

Tout en promettant à son voisin une aide dont la nature n'a pas été spécifiée, Moscou a prévenu qu'il incombait à l'Ukraine, et non aux puissances étrangères, de normaliser la situation.

La crise en Ukraine a contribué à la détérioration des relations entre les grandes puissances occidentales et orientales, comme au temps de la guerre froide.

Le premier ministre Poutine a néanmoins affirmé samedi que rien n'empêchait un retour à la normale.

«Cela ne dépend pas de nous, ou pas seulement de nous. Cela dépend de nos partenaires», a-t-il affirmé en entrevue sur les ondes de la télévision d'État, samedi, lorsqu'on lui a demandé si les relations avec l'Occident pourraient s'améliorer d'ici la fin de l'année.

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué par voie de communiqué, samedi, qu'une rencontre avait eu lieu entre le ministre adjoint Grigory Karasin et un candidat prorusse qui lorgne les présidentielles ukrainiennes, Oleg Tsaryov.

«Le camp russe a noté que la résolution de la crise politique intérieure devrait être l'affaire des Ukrainiens en étroite collaboration avec une mission de surveillance spéciale (de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe)», peut-on lire dans le communiqué.

«La Russie est prête à offrir un soutien important à cela», conclut la déclaration. Il n'est pas précisé quelle forme pourrait prendre ce soutien.

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