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Laissé de côté pour mieux rebondir

19/04/2014 05:45 EDT | Actualisé 19/06/2014 05:12 EDT

De paria à héros. En un match, Rene Bourque a (presque) fait oublier une saison de misère. Un déblocage qui tombe à point.

Un texte d'Olivier Arbour-Masse Twitter Courriel

« Les séries, ça fait sortir le meilleur chez certains gars, c'est l'occasion de se démarquer. Ce fut une saison difficile pour moi, mais si je parviens à poursuivre sur cette lancée, ça améliorera la perception que j'en ai », fait remarquer Bourque en marge de l'entraînement hors-glace du CH, samedi, à Brossard.

La série face au Lightning n'est vieille que de deux matchs que déjà, l'attaquant de Lac La Biche l'a marquée de son fer rouge. Ses deux buts, dont un spectaculaire, ont propulsé les Montréalais vers une avance de 2 matchs à 0, vendredi, à Tampa.

Un avertissement providentiel

La vitesse et l'intensité déployée par le patineur de 1,88 m et et 99 kg (6 pi 2 po et 217 lb) sur la glace floridienne contrastaient avec sa pâle récolte de 17 points en 63 matchs de saison. Michel Therrien n'a d'ailleurs pas hésité à l'envoyer réfléchir sur la galerie de presse, neuf fois plutôt qu'une, la dernière en date du 4 avril.

« Depuis qu'il est de retour dans la formation (après cette dernière mise à l'écart), il joue comme on veut qu'il le fasse, souligne Michel Therrien. Ce n'est pas une question de points (1 dans les 4 derniers matchs de la saison). Il fait ce qu'il a à faire. J'aime son engagement, il patine bien, utilise son physique et fonce au filet. Et hier (vendredi), il a été récompensé. »

« Personne ne veut être rayé de la formation, reconnaît le principal intéressé. Ça met ta volonté à l'épreuve. Ça permet également de prendre du recul, d'observer ton jeu et de te concentrer sur ce que tu dois faire pour t'améliorer et aider l'équipe. Ce n'est pas agréable, mais c'est une occasion d'apprendre. »

La quête de l'équilibre

Les deux buts de Bourque portent à quatre depuis le début de la série le total de réussites du troisième trio qu'il complète avec Lars Eller et Brian Gionta. Les membres de la première unité en comptent deux, tout comme ceux de la deuxième. Et la quatrième revendique le but gagnant du premier match. Un équilibre qui fait foi de tout, selon le capitaine.

« On a besoin de la contribution de tous à ce temps-ci de l'année. On ne peut pas se fier uniquement aux deux premiers trios, affirme Gionta. On a vu l'avantage que ça procure durant le premier match. Tout le monde est plus reposé et le quatrième trio vient faire la différence en prolongation. Ça démontre à quel point c'est important que toutes les unités soient sollicitées. »

Au-delà des buts, l'erre d'aller

Cette attaque aux menaces diversifiées a enfoncé neuf buts en deux matchs. Qui plus est, la seule ombre au tableau a été rayée avant de revenir à Montréal quand David Desharnais a mis fin à une sécheresse de 27 avantages numériques infructueux avec le premier but du match, vendredi.

« J'ai aimé ce que j'ai vu de l'avantage numérique : des bons tirs, une bonne circulation de rondelle, analyse Therrien. Quand t'as un bon avantage numérique, tu marques dans 20% de tes occasions. Donc, 80% du temps, tu ne marques pas. C'est une erre d'aller qu'on cherche principalement. Et on l'a obtenue hier (vendredi), surtout en troisième période. »

Le but de Brendan Gallagher est en effet survenu 32 secondes après la fin de la pénalité à Alex Killorn. Il portait le pointage à 3-0 et mettait à toutes fins pratiques le match hors de portée du Lightning.

Le tombeau n'est pas fermé

Trios équilibrés, avantage numérique efficace et gardien solide : le Canadien tentera d'appliquer à nouveau cette recette gagnante dimanche pour le troisième match de la série, à Montréal.

« L'erreur serait de prendre ça à la légère, de se trouver bon. De se dire qu'on mène 2-0 et que ça va être facile. Ce n'est pas comme ça qu'il faut approcher ce match-là, martèle Francis Bouillon. Avec l'expérience et les vétérans qu'il y a dans cette chambre, il n'y a pas de chance que ça arrive. On sait qu'il faut oublier ce qui s'est passé à Tampa et aborder chaque match individuellement. »

Une avance de 2-0 est confortable, mais en ce dimanche de Pâques, le Lightning ne serait pas le premier à ressusciter. Surtout que la dernière fois que le Tricolore a mené une série 2-0, il s'est incliné en 7 matchs. C'était face aux Bruins, en 2011.

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