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Un Britannique de 18 ans, neveu d'un ex-détenu de Guantanamo, mort au combat en Syrie

18/04/2014 10:04 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Un adolescent britannique de 18 ans, neveu d'un ancien détenu de Guantanamo, est mort au combat en Syrie où il est parti combattre avec deux de ses frères, dont un a été blessé, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

S'exprimant devant la maison familiale à Brighton, dans le sud de l'Angleterre, le père d'Abdullah Deghayes a déclaré que son fils était "mort au combat" contre le "dictateur Bachar al-Assad". Il a expliqué que deux autres de ses fils, Jafar, 16 ans, et Amer, 20 ans, étaient également en Syrie.

Le premier a reçu une balle dans le ventre lors de la même bataille. Le cadet est indemne, selon le père, Abubaker Deghayes, qui dit avoir appris la mort de son fils "par Facebook".

La police locale a confirmé avoir "reçu le lundi 14 avril l'information qu'un résident de Brighton âgé de 18 ans ait récemment été tué en Syrie", alors que le ministère britannique des Affaires étrangères a dit avoir "connaissance du décès d'un ressortissant britannique" dans ce pays.

"Les circonstances de sa mort restent incertaines", a ajouté une porte-parole de la Sussex Police. La date du décès de l'adolescent n'est pas non plus connue avec précision mais les enquêteurs estiment qu'il a été tué en avril.

Les trois frères sont les neveux d'Omar Deghayes qui, après avoir été arrêté au Pakistan, avait été détenu par les Etats-Unis dans la prison de Guantanamo entre 2002 et 2007.

Le père a insisté que ses fils n'étaient "pas des terroristes" mais qu'ils s'étaient rendus en Syrie "pour défendre les faibles". Selon lui, ils ont déjà eu affaire avec la police mais n'ont jamais été mêlés à des groupes appelant des Britanniques au jihad en Syrie.

C'est en visionnant des images du conflit sur internet qu'ils ont pris la décision de se rendre sur place, a ajouté le père.

"Je suis triste de la perte d'Abdullah mais je trouve du réconfort dans le fait qu'il soit mort pour une cause juste. Celle d'aider ceux qui sont bombardés quotidiennement par Assad et qui meurent sous les bombes, les raids aériens ou des mains des soldats seulement parce qu'ils veulent la liberté. J'espère que c'était sa motivation, j'espère qu'il est aujourd'hui récompensé et en paix", a encore déclaré le père.

Il a expliqué qu'il s'était rendu en Turquie pour rencontrer les deux aînés et les dissuader de se rendre en Syrie. "Je ne les ai jamais encouragés et à ce que je sache personne d'autre non plus. Ils y sont allés de leur propre gré, sans demander l'approbation de leurs parents", a ajouté le père qui dit n'avoir pas vu son fils qui est mort depuis "deux ou trois mois".

Interrogé pour savoir s'il estimait que son fils, qui devait commencer ses études à l'Université de Brighton, était mort en martyre, il a répondu: "bien sûr je pense que, en tant que musulman, mon fils est un martyre."

Les autorités britanniques ont multiplié ces derniers mois les arrestations de personnes soupçonnées d'être parties se battre en Syrie. Le Royaume-Uni estime à 400 le nombre de ces combattants, dont une vingtaine seraient morts pendant le conflit.

Des hauts représentants de Scotland Yard et des services de renseignements ont mis en avant le danger que représenteraient certains de ces Britanniques rentrés au pays après avoir acquis des compétences dans le domaine de la guérilla ou du terrorisme auprès de combattants d'Al-Qaïda.

jk/fw

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