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Oléoduc Keystone entre USA et Canada: Washington repousse sa décision finale

18/04/2014 02:57 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Le département d'Etat américain a repoussé de fait sa décision sur la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis en annonçant vendredi la prolongation de la période de consultation des administrations fédérales concernées.

"Le département d'Etat a notifié le 18 avril à huit agences fédérales qu'il leur fournirait plus de temps pour soumettre leurs avis sur le projet d'oléoduc Keystone", indique un communiqué de la diplomatie américaine, dont le chef John Kerry doit rendre une recommandation finale.

Ces agences "ont besoin de plus de temps en raison de l'incertitude provoquée par le contentieux en cours devant la Cour suprême du Nebraska (centre) qui pourrait au bout du compte affecter le tracé de l'oléoduc dans cet Etat", a expliqué le département d'Etat.

En février, un juge du Nebraska avait annulé une portion du tracé approuvé en 2013 par le gouverneur de l'État.

Le ministère américain des Affaires étrangères va profiter de cette période supplémentaire pour "examiner le nombre sans précédent de quelque 2,5 millions de commentaires" émanant du public après un processus de consultation qui s'est achevé le 7 mars dernier.

La porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki a précisé dans un tweet que cette enquête publique ne serait, elle, pas prolongée.

M. Kerry avait refusé de dire fin février s'il allait ou non recommander d'approuver ce très controversé oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, assurant être en train d'étudier attentivement le projet.

Proposé en 2008, l'oléoduc doit servir à acheminer du pétrole depuis la province d'Alberta, dans l'ouest canadien, vers les raffineries américaines du golfe du Mexique, au Texas. La portion sud, entre le Nebraska et le Texas, fonctionne déjà mais c'est la liaison entre cette portion et le Canada qui soulève de nombreuses contestations.

Les écologistes sont fermement opposés à Keystone. Ils craignent des risques de fuite le long du tracé et s'en prennent au type de pétrole qui serait transporté: issu de sables bitumineux, son extraction et son exploitation émettent au final plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel.

Le département d'État estime en revanche que les risques sont minimes. Dans un rapport rendu fin janvier, l'administration américaine avait estimé que la construction de la portion entre les États-Unis et le Canada n'aurait pas d'impact environnemental majeur, en particulier sur le climat.

Le président Barack Obama, à qui revient la décision finale, n'a pas dit quand il trancherait.

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