NOUVELLES

Naufrage en Corée du Sud: le capitaine est arrêté

18/04/2014 07:08 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - Le capitaine du traversier sud-coréen qui a fait naufrage il y a deux jours a été arrêté, selon Yonhap, l'agence de nouvelles du pays.

Yonhap affirme que Lee Joon-seok, âgé de 68 ans, a été arrêté tôt samedi matin. Deux autres membres de l'équipage auraient aussi été interpellés.

Vendredi, les procureurs et la police avaient demandé aux tribunaux de leur émettre un mandat d'arrêt contre le capitaine et deux membres de son équipage.

Le naufrage du traversier Sewol, mercredi, a fait au moins 28 victimes confirmées. Les autorités font état de 174 survivants, mais on cherche encore environ 270 personnes, dont plusieurs élèves en excursion scolaire.

Vendredi, l'enquête sur le naufrage a porté sur le virage prononcé que le navire a pris juste avant de commencer à verser, ainsi que sur la possibilité qu'un ordre d'évacuation plus rapide du capitaine aurait pu sauver des vies, ont fait savoir les autorités.

Sous la pluie et par une mer agitée, les équipes de secours tentaient toujours de retrouver 270 personnes qui manquent à l'appel, dans la crainte qu'elles aient péri dans la tragédie.

La police a indiqué qu'un directeur adjoint d'école secondaire, qui avait survécu au naufrage, a été retrouvé pendu à un arbre sur l'île de Jindo, où les survivants sont hébergés. Il était en charge de 323 élèves en excursion scolaire qui voyageaient à bord du traversier. Dans une note de suicide, Kang Min-kyu a dit se sentir coupable d'être encore vivant, alors que plus de 200 de ses élèves manquent à l'appel.

Comme les chances de survie diminuent rapidement, la tragédie pourrait bien être l'une des pires de l'histoire de la Corée du Sud — encore plus en raison de la mort probable d'un grand nombre de jeunes de 16 ou 17 ans.

Le bateau avait quitté mardi le port d'Incheon, dans le nord-ouest du pays, pour un voyage de nuit vers l'île de Jeju, au sud, avec 476 personnes à bord. Il s'est couché sur le flanc quelques heures après que l'équipage ait lancé un appel de détresse, à 9 h mercredi matin; sa quille est rapidement devenue la seule partie visible au-dessus de l'eau.

Tard vendredi, elle est aussi devenue submergée, après quoi des équipes de secours ont marqué l'endroit avec deux énormes bouées. Des plongeurs de la marine ont aussi attaché des sacs gonflables au traversier de 6852 tonnes, pour ne pas qu'il s'enfonce davantage, a indiqué le ministère sud-coréen de la Défense.

Les autorités de la garde côtière ont aussi indiqué que des plongeurs avaient envoyé de l'air à l'intérieur du navire, au cas où il y aurait des survivants dans le navire.

Sur l'île de Jindo, des proches sous le choc et en colère surveillaient les manoeuvres de recherche et sauvetage. Des bouddhistes priaient, dans l'espoir de revoir leur être cher.

Les autorités sud-coréennes ont expliqué que l'accident était arrivé à un endroit où un virage était prévu. Le procureur Park Jae-eok a précisé qu'on essayait de déterminer si un adjoint du capitaine aurait ordonné un virage si prononcé qu'il aurait amené le bateau à s'incliner vers le côté. Le virage s'est produit à 8 h 48 ou 8 h 49.

Le procureur Yang Jung-jin a dit que le capitaine n'était pas sur la passerelle quand le bateau a traversé un secteur parsemé de plusieurs îles rapprochées, alors que la loi impose sa présence, pour aider au besoin un adjoint à faire un virage. Le capitaine a aussi abandonné des gens qui avaient besoin d'aide et de secours, selon le procureur.

«Le capitaine a quitté avant les passagers», a dit Yang.

La plus récente tragédie impliquant un traversier en Corée du Sud est survenue en 1993, causant la mort de 292 personnes.

PLUS:pc