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Le Tunisien gracié pour une affaire de caricature arrêté pour avoir insulté un greffier

18/04/2014 01:58 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT

Le Tunisien Jabeur Mejri, libéré en mars après deux ans de prison pour la diffusion de dessins jugés blasphématoires, a été emprisonné pour avoir insulté un greffier, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP.

M. Mejri, qui était poursuivi dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds à la Société nationale des chemins de fer tunisiens, s'est rendu jeudi au bureau du juge d'instruction à la suite d'un quiproquo sur la date d'une confrontation avec ses accusateurs, a indiqué Me Ahmed Mselmi.

Apprenant qu'il y avait eu un imbroglio sur la date de ce rendez-vous, Jabeur Mejri "a perdu les pédales, il a insulté le greffier, il a insulté tout le monde", a indiqué l'avocat, tout en précisant ne pas avoir assisté à la scène.

"Il a été arrêté pour outrage à un fonctionnaire public", a expliqué Me Mselmi.

"Je suis allé voir le juge d'instruction, j'ai essayé de le calmer (...) Jabeur était sans doute à bout de nerfs, mais il n'aurait pas dû faire ça". "Je vais faire tout ce que je peux pour l'aider" et pour qu'il sorte de prison, a ajouté l'avocat.

Jeune chômeur de Mahdia (150 km au sud de Tunis), Jabeur Mejri avait été condamné à sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur internet des textes et dessins considérés comme insultants pour l'islam et le prophète Mohamed.

Le code pénal ne réprimant pas le blasphème, il avait été condamné pour des chefs de trouble à l'ordre public.

Après deux ans de prison, il a été libéré en mars 2014 à la suite d'une grâce présidentielle.

Mais alors que la présidence annonçait cette mesure, M. Mejri a été informé qu'il était poursuivi dans une autre affaire, pour le détournement supposé d'environ 760 euros à la SNCFT (chemins de fers tunisiens), une affaire qui remonte à plusieurs années, lorsqu'il travaillait à temps partiel au guichet d'une gare.

Ce dossier est considéré par ses défenseurs comme du harcèlement judiciaire, alors que nombre d'ONG de défense des droits de l'Homme le considérait comme le premier prisonnier politique tunisien de l'après-révolution.

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