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Une rue mêlant gastronomie et design, "le projet fou" d'un millionnaire à Paris

17/04/2014 03:50 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Des avis de travaux sont encore collés sur les rideaux baissés, mais dans quelques semaines, un quartier de Paris devrait changer de visage, grâce à un millionnaire français, qui va ouvrir 36 adresses, alliant grands noms du design et gastronomie.

Pour décrire "La Jeune rue", certains n'hésitent pas à parler de "révolution" à Paris. Cédric Naudon, lui, raconte son "rêve humaniste", son "projet fou", qui est, assure-t-il, "une première mondiale". "Le premier enfant, on le fait parfois sur un coup de tête, sans se rendre compte de ce que cela implique", dit-il à l'AFP, en repensant à la naissance du projet, il y a deux ans.

Les premières adresses devraient ouvrir au début de l'été, autour de la rue du Vertbois, dans un des plus vieux quartiers de Paris. Et début 2015, les Parisiens devraient pouvoir profiter des 36 nouveaux lieux, commerces de bouche et espaces de culture. Une boulangerie, une boucherie, un restaurant italien, un bar à huitres, un street food coréen, une fromagerie, un glacier, un bar à tapas, et aussi un cinéma, une galerie d'art etc.

"La Jeune rue" sera un lieu de vie, où seront apportés aux citadins "des produits d'une qualité exceptionnelle", vendus sans intermédiaires, sélectionnés chez des producteurs passionnés, respectueux de leur environnement, selon le dossier de presse. Cédric Naudon veut "mieux nourrir les citadins".

Et pour allier le beau au bon, il a fait appel à de grands noms du design international: les frères Campana, Jaime Hayon, Tom Dixon, Paola Navone, Patricia Urquiola, Michele De Lucchi etc. "Je leur ai envoyé un mail. Ils m'ont répondu: + Génial, t'es un dingue! +", raconte Cédric Naudon.

Mais il assure ne pas avoir eu l'idée de la Jeune rue "d'un coup". "Je voulais un lieu italien à Paris. On m'a amené rue du Vertbois", se souvient-il. Il a acheté les numéros 40-42, puis d'autres encore. "Le propriétaire m'a raconté qu'avant, dans cette rue, il y avait un boucher, un poissonnier. J'ai dit: + Faisons une rue gourmande +!"

- Trente millions d'euros -

Aujourd'hui, plus de cent personnes travaillent sur le projet, qui implique 500 à 550 producteurs de toute la France. Quand ils ne sont pas à Tokyo ou à Milan, Cédric Naudon et ses proches collaborateurs sillonnent les campagnes françaises à la recherche de producteurs.

Il cite Roland Feuillas, qui s'occupera de la boulangerie. A Cucugnan, dans le sud de la France, "il a recréé les gestes anciens de la boulangerie". Il a sa propre meunerie, travaille avec des variétés anciennes de céréales, cultivées en agriculture biologique. "C'est quelqu'un qui m'a particulièrement ému", raconte Cédric Naudon.

La saisonnalité et le "prix juste" sont des mots clé du projet. "Dans l'agro-industrie, on a poussé beaucoup de producteurs à surproduire", déplore Cédric Naudon. "On peut manger des fraises toute l'année, on a envie de foie gras tout le temps. (...) Il faut retrouver la valeur des choses". La Jeune Rue "ne sera pas un projet élitiste", promet-il aussi.

S'il refuse de dévoiler le coût du projet, on parle d'un montant de 30 millions d'euros. Selon l'hebdomadaire L'Express, 35% de la somme vient des fonds personnels du millionnaire, qui dit s'être enrichi dans l'immobilier aux Etats-Unis et en France. La Banque publique d'investissement (BPI) est impliquée dans le projet.

Dans le quartier, quelque peu délaissé, où les magasins de vente de vêtements en gros dominent encore, on se frotte les mains. Un cafetier et un galeriste entrevoient déjà l'afflux de "bobos", ces "bourgeois bohème" qui ont participé depuis 15 ans à l'embourgeoisement de la capitale.

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