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Une planète habitable comparable à la Terre découverte hors du système solaire

17/04/2014 05:44 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

LOS ANGELES, États-Unis - Une équipe d'astronomes affirme avoir détecté une planète habitable comparable à la Terre à l'extérieur du système solaire.

La découverte, annoncée jeudi dans la revue «Science», a enflammé la communauté scientifique qui écume la Voie lactée depuis des années, à la recherche d'endroits habitables à l'extérieur de notre système solaire.

Il s'agit de l'environnement le plus viable découvert à ce jour, une affirmation appuyée par des données sans équivoque, selon l'astronome Geoff Marcey de l'université de la Californie, qui n'a pas fait partie de l'équipe de chercheurs.

La planète a été détectée par le téléscope en orbite Kepler, qui surveille les changements de luminosité les plus subtils indiquant qu'une planète en orbite passe devant une étoile. De ces changements, les scientifiques peuvent calculer sa taille et faire certaines déductions sur ses caractéristiques.

Nommée Kepler-186f, la planète est en orbite autour d'une étoile rouge naine située à 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation Cygnus. Une année-lumière équivaut à 9460 milliards de kilomètres.

D'une taille d'environ 10 pour cent supérieure à celle de la Terre, elle pourrait comprendre des étendues d'eau liquide, un ingrédient-clé pour la vie, parce qu'elle se trouve à la limite éloignée de la zone de température habitable de son étoile. Cette zone permet à l'eau des lacs, rivières et océans d'exister sans geler ni s'évaporer.

Kepler-186f baigne probablement dans une lumière rouge-orangée et jouirait d'une température moyenne légèrement plus fraîche que celle de la Terre, «semblable à l'aube ou au crépuscule d'une journée de printemps», décrit Geoff Marcy.

L'astronome principale du centre de recherche Ames de la NASA, Elisa Quintana, considère que la planète est davantage comme une «cousine de la Terre» que comme une soeur jumelle, parce que son étoile est plus petite et sombre que le Soleil. La durée de l'année de cette nouvelle planète serait de 130 jours.

Les scientifiques ne peuvent confirmer la présence d'une atmosphère, mais si elle existe, elle contient probablement du dioxyde de carbone, disent des experts non affiliés à l'équipe.

Malgré ces différences, la découverte est encourageante puisqu'elle permet maintenant aux scientifiques de «se concentrer sur une étoile en sachant qu'il y a vraiment une planète très semblable à la Terre, du moins en grosseur et en température», affirme David Charbonneau, de l'université Harvard.

Le téléscope Kepler de la NASA a déjà découvert 961 planètes, mais seulement quelques dizaines se trouvent dans la zone habitable. La plupart sont des boules de gaz comme Jupiter ou Saturne.

Kepler-186f fait partie d'un système de cinq planètes, toutes de grosseur semblable à la Terre. Les quatre autres ne sont toutefois pas assez rapprochées de leur étoile pour permettre la vie. Malgré le caractère historique de la découverte, les astronomes pourraient ne jamais savoir si la planète peut réellement être habitée parce qu'elle est trop éloignée, même pour les prochains téléscopes à être lancés.

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