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Ukraine: près de 200 manifestants contre Kiev à Marioupol après l'assaut meurtrier

17/04/2014 09:30 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Près de deux cents personnes ont manifesté jeudi contre le pouvoir pro-européen de Kiev à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, où une attaque pendant la nuit contre une unité de la garde nationale a fait trois morts.

Le rassemblement se tenait devant la mairie de ce port industriel de 450.000 habitants sur la mer d'Azov, à une centaine de kilomètres au sud de Donetsk. Le bâtiment, au croisement de l'avenue Lénine et de l'avenue des Métallurgistes, est occupé depuis le week-end par des partisans d'un référendum local en vue d'obtenir plus d'autonomie, dans le cadre d'une fédéralisation proposée par la Russie. Il porte le drapeau aux couleurs russes de la République de Donetsk proclamée par les sympathisants de Moscou.

A quelques centaines de mètres de là, une unité de la garde nationale a été attaquée mercredi soir par environ 300 assaillants, qui ont lancé des cocktails Molotov et des bombes incendiaires. Ils ont été repoussés par les forces spéciales du ministère de l'Intérieur, selon le ministre Arsen Avakov, qui a fait état de trois assaillants tués et 13 blessés, et de 63 interpellations.

"Je m'adresse à ceux qui ont tué nos gars: nous ne voulions pas de sang, c'est vous qui avez commencé à tirer. Nous n'allons pas oublier ce sang", prévient Guerman Mandakov, qui se présente comme l'adjoint du commandant de la mairie, dont l'entrée est protégée par des sacs de sable, avec des hommes en cagoule qui filtre les entrées.

"La grande partie de nos activistes reste mobilisée sur les barricades, nous sommes prêts à soutenir notre point de vue, pour défendre le peuple du Donbass", poursuit l'homme en treillis, réclamant un référendum pour déterminer l'avenir de la région russophone, que ce soit un rattachement à la Russie ou une autonomie renforcée.

Selon M. Mandakov, le but de l'assaut "n'était pas de prendre le contrôle de l'unité mais de s'adresser au commandement pour lui demander de ne pas tirer".

La police a inspecté jeudi matin la petite rue où s'est déroulé l'assaut à la recherche d'indices. On pouvait voir, cerclés de craie blanche, des taches de sang, des débris de verre ainsi qu'une balle.

Alla, une retraitée qui habite dans le quartier, affirme avoir entendu des coups de feu et vu voler les hélicoptères des forces ukrainiennes pendant l'assaut.

"Des gens sont morts, nous ne voulions pas cela, c'est une provocation de Pravy Sektor", groupe radical nationaliste qui a soutenu le mouvement pro-européen, détesté des pro-russes de l'Est, tempête cette farouche partisan d'un rapprochement avec Moscou.

"Nos partisans n'ont pas d'arme et n'auraient jamais tiré sur la foule", ajoute la retraitée qui se défend d'être une "séparatiste" mais veut "vivre bien" grâce à une alliance avec la Russie.

Mykola, retraité, accuse aussi Pravy Sektor de vouloir déstabiliser le mouvement pro-russe.

"Les manifestants n'ont pas d'armes", plaide ce retraité qui se dit "pour l'amitié avec la Russie", dont la frontière est située à une cinquantaine de kilomètres.

Un peu à l'écart, Kirill, étudiant, pense au contraire qu'il s'agit d'une "provocation des services spéciaux russes". "Ils veulent que la population souffre pour avoir un prétexte pour envoyer l'armée", explique le jeune homme de 19 ans, qui reconnaît que ses amis sont "tous pro-russes".

Les autorités affirment que les hommes arrêtés avaient des téléphones russes.

gmo/neo/plh

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