POLITIQUE

Révélations de l'UPAC: Les péquistes accentuent la pression sur Philippe Couillard et le PLQ

17/04/2014 11:52 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Le mystère qui plane sur l'identité du député libéral visé par une enquête policière de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a créé un malaise jeudi dans les rangs libéraux, en marge de l'assermentation des 70 députés élus sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ) le 7 avril.

Le député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, un ancien policier de la Sûreté du Québec, a paru excédé par les informations diffusées la veille par Radio-Canada. «Que Radio-Canada donne le nom. On veut le savoir. Les citoyens du Québec veulent le savoir et la police doit le savoir», a-t-il commenté brièvement, avant de tourner les talons, avant la cérémonie.

Le premier ministre élu, Philippe Couillard, a été plus nuancé, en mettant en doute la véracité de l'information.

Selon lui, il n'y a «aucune évidence» que l'information soit fondée. De toute façon, il a assuré qu'il ignorait le nom du député en question. «Je n'ai pas cette information», a-t-il répondu aux journalistes qui le pressaient de questions.

D'après ce reportage, un des députés libéraux réélus le 7 avril fait l'objet d'une enquête de l'UPAC, en plus de trois ex-parlementaires sous le gouvernement de Jean Charest, autour d'allégations de financement illégal du PLQ.

«L'ensemble de la classe politique, incluant le Parti québécois, est interpellé» par ces questions d'intégrité, a commenté M. Couillard, qui s'est engagé plus tard, au terme de l'assermentation de son équipe, à diriger un gouvernement «compétent, responsable, intègre et transparent».

«Nous n'avons pas le droit» de décevoir les électeurs, a-t-il ajouté durant son allocution, après l'événement qui se tenait dans le décor solennel du Salon rouge du parlement. «Nous ne les décevrons pas», a promis M. Couillard.

Le premier ministre élu a rappelé notamment que son gouvernement aurait le «devoir unique, historique, d'assurer la pérennité de notre langue et de notre culture».

Il a aussi rappelé l'attachement du Québec envers le Canada, s'engageant à assurer la pleine participation de son gouvernement «à la fédération canadienne».

En matinée, l'opposition péquiste réunie en caucus a fait pression sur les libéraux pour qu'ils fassent toute la lumière sur les présumées infractions à la loi sur le financement des partis politiques commises par d'anciens collègues libéraux.

Le premier ministre élu doit prendre les devants et divulguer toutes les informations qu'il possède relativement aux allégations de malversations dans le financement du PLQ révélées mercredi dans le cadre d'une enquête de l'UPAC, ont réclamé en choeur les députés péquistes jeudi.

M. Couillard n'est plus chef de l'opposition et ne peut donc plus se défiler, a plaidé notamment le député de Rosemont, Jean-François Lisée, avant de participer à une réunion du caucus péquiste.

Il doit dire à la population toute la vérité sur ce qu'il sait et dès maintenant, selon lui.

Le chef parlementaire de l'opposition péquiste, Stéphane Bédard, a lui aussi fait valoir que M. Couillard devait faire preuve de transparence, tel que promis en campagne électorale.

La députée de Taschereau, Agnès Maltais, est revenue à la charge pour réclamer du premier ministre élu qu'il rende des comptes à la population sans attendre, par exemple sur la double comptabilité des contributions au PLQ mise au jour par l'UPAC. Elle exige de savoir combien d'argent reçu illégalement a été caché de cette manière.

Les documents rendus publics mercredi font état de déclarations assermentées ayant servi aux policiers pour obtenir un mandat de perquisition au siège du PLQ, l'été dernier.

L'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau a été éclaboussée par les allégations contenues dans ces documents. Elle est soupçonnée d'avoir été au coeur d'une vaste conspiration criminelle ayant permis à certaines entreprises d'obtenir des contrats en échange de généreuses contributions illégales au PLQ. Mme Normandeau a répliqué en disant qu'elle n'avait rien à se reprocher.

Le PLQ aurait eu recours à une double comptabilité en créant une fausse «127e circonscription virtuelle» qui servait à recueillir discrètement des dons illégaux des entreprises.

L'assermentation des élus péquistes et caquistes aura lieu mardi, tandis que celle des trois députés de Québec solidaire se déroulera la semaine suivante.

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