«Guérir à gorge déployée» de Patrice Coquereau : se défaire des troubles anxieux

Publication: Mis à jour:
PATRICE COQUEREAU
Edition de l'Homme
Imprimer

Habitué à prendre la parole à travers ses personnages à la télévision et au théâtre, Patrice Coquereau livre un témoignage personnel dans l’ouvrage Guérir à gorge déployée, où il raconte comment des troubles anxieux ont longtemps alourdi son existence.

L’homme de 53 ans – il célébrait son anniversaire le 8 avril dernier, jour du lancement de son bouquin – a ressenti le besoin de prendre la plume après des années de construction et de reconstruction intérieure. Guérir à gorge déployée, c’est son histoire, son parcours professionnel et personnel, son cheminement, le récit de toutes les étapes qui l’ont amené à grandir et à mieux se comprendre lui-même.

C’est aussi une biographie où il traite de sa famille, de sa profession, de création, de passion, «avec des anecdotes, des portions lumineuses, mais aussi des aspects très sombres et très noirs», comme il la décrit lui-même. Un portrait qui, l’espère-t-il, saura outiller les jeunes et moins jeunes aux prises avec des problèmes d’anxiété. Car c’est principalement pour tendre la main à ceux qui souffrent que Patrice Coquereau a écrit Guérir à gorge déployée.

«C’était intuitif, raconte le comédien de Rumeurs, Le cœur a ses raisons et 3600 secondes d’extase. Pour moi, c’a été 30 ans de questionnements, de remises en question, de pataugeage, de moments de clarté… À un moment donné, c’est devenu une nécessité, pour moi, de m’exprimer ainsi. J’ai choisi le métier d’acteur pour faire face à mes peurs; paradoxalement, c’était une façon de guérir. Mais, à un moment donné, il fallait que j’aille plus loin que ça. J’avais besoin de partager mon expérience à titre personnel. J’étais prêt, j’étais mûr. Je me disais que c’allait aider des gens. J’ai commencé par donner des conférences, puis, je me suis mis à écrire. J’étais rendu là. C’était comme un accouchement. Il fallait que j’accouche!»

Vivre, qu’est-ce que c’est?

Dès la naissance, Patrice Coquereau présentait des prédispositions aux troubles anxieux. Mais un joint fumé en 1983, alors qu’il avait 22 ans, a été le réel élément déclencheur d’un immense chaos, d’un effondrement. L’artiste a ensuite travaillé fort pour venir à bout des crises et des craintes qui empoisonnaient son quotidien, pour calmer les démons qui grondaient en lui.
«C’a été long, trouver une perspective et mettre de l’ordre dans ma tête et dans mon cœur, se souvient-il. Dans la vingtaine, il y a eu du gros nettoyage. C’était très difficile. Dans la trentaine, ça allait déjà mieux, mais il y a eu des rechutes. Avec le temps, ça s’est estompé, transformé.»

«Aujourd'hui, j’ai encore des états d’âme, je peux avoir le trac, être fébrile, mais je fonctionne parfaitement. Je prends l’avion, je conduis, je suis guéri, même si je ne suis pas “arrivé” quelque part. Je continue de bouger, d’évoluer. C’est un travail de délestage, d’épanouissement, qui se poursuit, mais sur des bases plus profondes, plus fines, plus subtiles.»

Heureux que les tabous liés à la santé mentale soient de plus en plus désamorcés dans les médias, Patrice Coquereau déplore néanmoins une absence de ressources en dehors de la sphère médicale et estime que les êtres humains pourraient échanger davantage entre eux.

«Ce serait bien qu’il y ait, dans les milieux de travail, par exemple, des groupes de discussion ou des ateliers permettant d’exprimer comment on se sent, suggère-t-il. On fait des ateliers du rire, mais pourquoi on ne ferait pas aussi des États généraux sur le simple fait de vivre? On parle d’éducation, de la condition de la femme, de la pauvreté, de l’itinérance. Mais vivre, c’est quoi? Qu’est-ce qu’on fait avec un ego, des peurs, une mémoire, des envies, des élans, des blocages? Comment chacun vit-il avec sa propre personne? On pourrait parler de ça, au lieu de jaser de magasinage. C’est le fun, magasiner, mais il y a autre chose, dans la vie.»

Le livre Guérir à gorge déployée, publié aux Éditions de l’Homme, est présentement en vente. Patrice Coquereau sera de la sixième saison de VRAK la vie, à VRAK TV, l’automne prochain. Beaucoup de théâtre est également prévu à son agenda : il jouera tout l’été au Théâtre du Vieux-Terrebonne, dans La monnaie de la pièce, montera sur les planches du Théâtre du Nouveau Monde, en novembre, dans L’importance d’être constant, d’Oscar Wilde, une mise en scène d’Yves Desgagnés, et sera en outre d’une production au Théâtre du Rideau Vert en 2015.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Close
9 Ways To Overcome Anxiety (Without Meds)
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

Patrice Coquereau : après l'anxiété, l'équilibre | Médium large | ICI ...

Guérir à gorge déployée

Saison 2014-2015 du TNM : distributions cinq étoiles (VIDÉO)