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Les Algériens votent, Bouteflika favori

17/04/2014 03:42 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Les Algériens votent, jeudi, dans le cadre d'une élection présidentielle que le chef d'État sortant, Abdelaziz Bouteflika, physiquement diminué depuis un accident vasculaire cérébral subi en 2013, devrait remporter haut la main contre une opposition divisée.

La campagne électorale s'est achevée mercredi sans qu'Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, ait participé à une seule rencontre, laissant ses conseillers et partisans occuper le devant de la scène pour lui.

Le vétéran de la guerre d'indépendance, au pouvoir depuis 15 ans et qui brigue un quatrième mandat, est apparu brièvement à la télévision et a semblé physiquement diminué par l'AVC dont il a été victime il y a un an.

La police a empêché mercredi la tenue d'un rassemblement organisé dans le centre d'Alger à l'appel du mouvement Barakat (« Ça suffit ») pour protester contre sa réélection attendue en dénonçant une « mascarade électorale ». Selon le gouvernement, 186 000 policiers ont été mobilisés pour veiller sur le bon déroulement du scrutin. Les forces de l'ordre étaient très présentes, jeudi, dans la capitale, Alger. 

Le président algérien avait été admis en avril 2013 à l'Hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait passé trois mois avant de rentrer dans son pays en juillet pour y suivre une convalescence.

Depuis, ses apparitions publiques sont restées très rares et ses adversaires n'ont pas manqué de s'interroger sur sa capacité à diriger l'État au moment où il brigue un quatrième quinquennat consécutif.

Une question de stabilité

Malgré cette faiblesse, Abdelaziz Bouteflika conserve plusieurs atouts qui devraient lui garantir une confortable victoire jeudi.

Même affaibli, il dispose toujours du soutien d'une large partie de la population inquiète de voir ressurgir les violences islamistes qui avaient fait quelque 200 000 morts pendant la « décennie noire » des années 1990.

« L'Algérie profonde a confiance en Bouteflika », a dit Abdelmalek Sellal, ancien chef du gouvernement, qui a quitté ses fonctions pour mener la campagne d'Abdelaziz Bouteflika. « Les gens ne veulent pas aller vers "l'aventurisme". »

Sa probable réélection est perçue comme un gage de stabilité, mais aussi comme l'occasion d'organiser une transition en douceur, une stratégie qui a les faveurs des Américains et des Européens soucieux de maîtriser les mouvements islamistes dans la zone saharienne.

« Il organise le transfert vers une république nouvelle. Il veut faire le transfert générationnel et il va le faire. On ne peut pas assurer aussi facilement un transfert », a poursuivi Sellal.

Les premiers résultats de l'élection sont attendus vendredi.

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