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Le HCR "inquiet" de la répression kényane contre les Somaliens

17/04/2014 11:12 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré jeudi "inquiet à cause d'informations de harcèlement et autres abus" exercés lors d'une opération antiterroriste au Kenya, où des milliers de Somaliens ont été arrêtés et des dizaines expulsés.

Les Somaliens sont rassemblés dans un complexe sportif transformé en centre de détention et dans des commissariats, des installations "surpeuplées" où "les conditions sanitaires sont inadéquates", a estimé le HCR dans un communiqué.

Selon la même source, 82 Somaliens ont été expulsés du Kenya vers leur pays d'origine ravagé par la guerre.

Les autorités kényanes ont lancé cette vaste opération au début du mois après un triple attentat à Nairobi le 31 mars, affirmant qu'elles voulaient mettre la main sur les partisans des insurgés islamistes shebab somaliens, à qui l'attaque a été attribuée.

L'opération se concentre sur le principal quartier somalien de Nairobi, Eastleigh, dont les habitants ont accusé la police d'arrêter sans discrimination tous les Somaliens ou Kényans d'ethnie somali.

Des organisations de défense des droits de l'Homme et des experts ont condamné ces rafles.

"Ces rafles et la détention de masse de Somaliens à Nairobi (...) amalgament délibérément problèmes d'immigration et antiterrorisme et ont aggravé de dangereuses divisions collectives", a estimé Cedric Barnes, de l'International Crisis Group (ICG).

Il a prévenu que les rafles allaient "probablement avoir un effet contre-productif" et faisaient le jeu des shebab.

"Les shebab et leur alliés extrémistes au Kenya vont être très contents", a ajouté M. Barnes. "Ce que l'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi, en septembre dernier, n'avait pas réussi à faire - semer la division entre les Kényans -, ces arrestations et expulsions pourraient bien y parvenir".

Les shebab somaliens avaient revendiqué la sanglante attaque contre le Westgate, qui avait fait au moins 67 morts.

La semaine dernière, l'ONG Human Rights Watch (HRW) avait accusé le Kenya d'utiliser les Somaliens comme "boucs émissaires" et de les "maltraiter", indiquant avoir vu des policiers "fouetter, battre et insulter des détenus" et que les forces kényanes leur avaient extorqué de l'argent.

Pareille attitude "ne va pas protéger les Kényans, les Somaliens ou qui que ce soit contre de futures attaques", a jugé HRW.

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