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Le candidat à l'opposition dénonce la fraude du vote présidentiel en Algérie

17/04/2014 11:27 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

ALGER, Algérie - Le principal candidat de l'opposition à l'élection présidentielle en Algérie a juré, jeudi soir après la fermeture des bureaux de scrutin, de rejeter les résultats du vote, prétextant la fraude.

Ali Benflis a déclaré à ses partisans que des informations lui indiquaient déjà qu'il y avait eu une fraude électorale à grande échelle et de graves irrégularités partout au pays.

En arrière-plan, des feux d'artifice célébrant le président sortant Abdelaziz Bouteflika éclataient.

De son côté, la commission nationale chargée de superviser les élections a insisté sur le fait que tout s'est passé rondement, outre quelques incidents isolés. Il n'y aurait eu que 130 plaintes.

Le taux de participation a été de 51,7 pour cent. Quelque 23 millions d'électeurs étaient inscrits, selon le ministère de l'Intérieur.

L'allocution de M. Benflis avait tout d'un discours de défaite, bien qu'il ait juré de prendre «tous les moyens pacifiques et les avenues judiciaires» pour contester les résultats.

Cette élection semble avoir été la plus compétitive en Algérie, de mémoire récente. Ali Benflis a mené une bataille énergique contre un Abdelaziz Bouteflika vieillissant, qui compensait son âge avancé par le plein pouvoir du pays.

Âgé de 77 ans, le président parle et marche avec difficulté depuis l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime, l'an dernier, et duquel il se remet encore. Son absence totale de la campagne de trois semaines a semé des doutes sur sa capacité à diriger le pays producteur de pétrole, qui est un allié stratégique des États-Unis dans la lutte au terrorisme.

La journée d'élection a été marquée par l'image de M. Bouteflika en fauteuil roulant se faisant pousser jusqu'à un bureau de vote. Il possède encore un bon appui dans le pays, encore traumatisé par dix ans de guerre civile dans les années 1990.

Le gouvernement a annoncé que 186 000 policiers avaient été mobilisés pour surveiller le scrutin, et les forces de l'ordre étaient clairement visibles jeudi à Alger, la capitale. Quelques petites manifestations appelant au boycott ont été rapidement dispersées.

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