NOUVELLES

La GRC dépose des accusations en lien avec Amanda Todd contre un Hollandais

17/04/2014 07:51 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

VANCOUVER - La GRC a déposé des accusations de pornographie, d'extorsion, de harcèlement criminel et de leurre par Internet contre un homme non identifié des Pays-Bas, en lien avec le cas de la Canadienne Amanda Todd.

La jeune fille de 15 ans, originaire de la Colombie-Britannique, s'est suicidée en octobre 2012 peu après avoir publié une vidéo empreinte d'émotion d'elle qui détaillait le harcèlement dont elle avait été victime en ligne. Cette vidéo a été vue par des millions d'internautes, partout dans le monde.

Carol Todd, la mère d'Amanda, était présente à la conférence de presse durant laquelle les autorités policières ont annoncé le dépôt d'accusations.

«Il s'agit véritablement d'une journée que nous attendions, celle où nous apprendrions que quelque chose a été annoncé au sujet de l'histoire d'Amanda. J'ai toujours su, au plus profond de mon coeur, que ce qu'a dit ma fille était vrai.»

Ces accusations ont été annoncées quelques heures après qu'une station de télévision hollandaise eut rapporté qu'un homme de 35 ans, détenu depuis janvier, était accusé d'avoir utilisé des images enregistrées sur webcam pour faire chanter des dizaines de victimes dans le monde, dont Amanda Todd.

En conférence de presse, l'inspecteure de la GRC Paulette Freill a confirmé que le Conseil de la couronne de la Colombie-Britannique avait déposé cinq chefs d'accusation, jeudi. Elle n'a pas voulu divulguer l'identité de l'homme pour ne pas nuire aux procédures judiciaires qui se déroulent aux Pays-Bas.

Toutes les accusations sont liées à des incidents qui se seraient produits entre le 1er janvier 2010 et le 10 octobre 2012, le jour où Amanda Todd est décédée.

Le père d'Amanda, Norm Todd, s'est dit soulagé par la nouvelle.

«Je suis vraiment content qu'un suspect ait finalement été arrêté et que nous en soutirerons, peut-être, un élément de justice.»

Les autorités policières n'ont pas voulu dire si leur travail au Canada avait mené la police hollandaise vers leur suspect, ou si c'était le contraire.

«La journée d'aujourd'hui représente un point marquant (...) dans notre enquête; un suspect a été identifié, il a été arrêté et a été accusé», a annoncé l'inspecteure Freill.

Également jeudi, le bureau de la poursuite dans les Pays-Bas a précisé que le suspect a été arrêté il y a trois mois et soupçonné d'avoir encouragé des mineures dans plusieurs pays, incluant les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, de se livrer à des actes sexuels devant une webcam.

Mathijs Pennings, un journaliste du sud des Pays-Bas, a confié que la police et les procureurs estimaient qu'il pourrait y avoir jusqu'à 40 victimes.

«Les procureurs et la police croient qu'il a enregistré des images sur une webcam et les lui a envoyées en la menaçant. Il aurait fait cela à d'autres enfants aussi à travers le monde», a dit M. Pennings à La Presse Canadienne, dans une entrevue téléphonique depuis Oisterwijk, où l'homme a été arrêté, dans un chalet.

L'histoire d'Amanda Todd et d'autres cas semblables ont poussé le gouvernement canadien à adopter des lois pour faire condamner une personne qui distribue des images intimes d'une personne sans son consentement.

Aux Pays-Bas, le suspect est détenu en lien avec des accusations de crime indécent, de production et distribution de matériel pornographique, de fraude, d'intrusion informatique et de possession de stupéfiants. Il est soupçonné d'avoir filmé ses victimes et utilisé ces images pour les soumettre à sa volonté.

Les procureurs le soupçonnent aussi de s'être présenté comme un mineur et d'avoir encouragé des hommes à s'adonner à des actes sexuels devant une caméra, avant de les menacer d'envoyer les films à la police.

Son avocat croit que les procureurs n'ont pas de preuves suffisantes pour le faire condamner, car même s'ils découvrent des traces d'activités criminelles sur son ordinateur, il pourrait avoir été piraté.

PLUS:pc