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Impératif français critique l'OQLF et interpelle Couillard

17/04/2014 02:59 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, accuse l'Office québécois de la langue française (OQLF) de bâcler son travail et s'inquiète de l'absence d'un « véritable » bilan quinquennal, surtout dans le contexte de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement qu'il qualifie de « défrancisant ».

M. Perreault a envoyé jeudi une lettre demandant au premier ministre élu, Philippe Couillard, de faire pression sur l'OQLF pour lui réclamer son rapport quinquennal de 2013. Le dernier bilan produit par l'organisme remonte à 2008. Mais, puisque celui-ci avait fait l'objet de critiques en raison de sa lourdeur et de l'absence de conclusions claires, l'OQLF a choisi, avec l'accord de la ministre de l'époque, de publier des documents et des études de façon ponctuelle, a rappelé Julie Létourneau, conseillère en communications pour l'Office.

En vertu de la Charte de la langue française, l'OQLF est tenu de surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec et d'en faire le rapport au moins tous les cinq ans au ministre responsable de son application. 

Depuis 2010, l'organisme a publié « une quinzaine de documents, d'études et de faits saillants », a plaidé Mme Létourneau. Cela est insuffisant aux yeux de Jean-Paul Perreault, selon qui ces rapports « sectoriels » ne suffisent pas à brosser un portrait exhaustif de la situation de la langue française au Québec, en plus de contrevenir à « l'esprit de la loi ». Il va même jusqu'à accuser l'Office de refuser de reconnaître « l'ampleur du recul » du français dans la société québécoise. « On a besoin d'un rapport. D'autant plus avec l'élection d'un gouvernement qui, déjà, a des tendances hautement "défrancisantes" et hautement anglicisantes. Ça presse; ça urge », s'est-il exclamé.

La dernière étude rendue publique par l'OQLF, intitulée Trajectoires linguistiques et langue d'usage public chez les allophones de la région métropolitaine de Montréal, a été publiée en 2013. Ses auteurs, Jean-Pierre Corbeil et René Houle, concluent notamment que dans la région montréalaise, la fréquence d'utilisation du français par les adultes allophones est de 52,5 %, comparativement à 23 % chez les adultes anglophones issus de l'immigration et à 30 % chez les anglophones natifs du Québec.

« Étudier en français au collège ou à l'université est associé à une fréquence plus importante d'utilisation du français dans l'espace public, tandis qu'étudier en anglais est associé à une fréquence plus faible d'utilisation du français », rappelle-t-on également dans ces pages.

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