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Foot brésilien: Bom Senso FC, des joueurs pour la révolution

17/04/2014 05:54 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Refonte des calendriers, fair-play financier et droit aux vacances: le collectif de joueurs du Bom Senso FC (BFC, bon sens FC) rue dans les brancards depuis la fin 2013 pour "améliorer" le foot brésilien.

Ce collectif, créé en 2013 autour du défenseur Paulo André sous le mot d'ordre "Pour un football meilleur pour tous", avait fait irruption sur la planète foot en décembre en organisant des mouvements de protestations originaux sur le terrain.

Ici, les 22 joueurs restaient trente secondes les bras croisés au coup d'envoi; là, ils s'asseyaient ; là-bas, ils passaient la première minute à se renvoyer le ballon d'un camp à l'autre.

Les joueurs de l'élite exigeaient alors des réformes drastiques. Ils ont obtenu de petits succès: la promesse de la Confédération brésilienne (CBF), à partir de 2015, de limiter le nombre de matchs par mois et par an, la garantie de 30 jours de vacances et un mois de pré-saison.

Mais la lutte n'est pas terminée. "Parfois, quand on parle du Bom Senso, on dit qu'il ne s'agit que de ceux qui gagnent le plus", dit à l'AFP le milieu Elano, international de Flamengo. "Quand les championnats d'Etat s'arrêtent, beaucoup de clubs ferment la porte. L'objectif du Bom Senso est d'en finir avec cette désorganisation".

Sur 20.000 professionnels, environ 16.000 reçoivent moins de deux fois le salaire minimum, et sont au chômage au moins six mois par an.

- Airs justiciers -

S'il a reçu certains soutiens de poids, comme celui de Ronaldo, ce mouvement aux airs justiciers a aussi été critiqué. "Je prends mes 500.000 reais et je réclame 60 jours de vacances ?", a ainsi ironisé Vampeta, président du club de l'Audax et éphémère joueur du PSG à l'orée du siècle.

Ce champion du monde 2002, qui a qualifié de "conneries" les actions de décembre, reflétait un certain sentiment de la part de dirigeants de clubs, de la Confédération brésilienne (CBF) et des syndicats de joueurs qui voient d'un mauvais oeil cette association de trentenaires marchant sur leur plate-bandes.

Ulcérés par la violente invasion du centre d'entraînement de Corinthians de la part d'une centaine de supporters le 1er février, les membres du BFC ont menacé de faire grève. Mais, en raison de dissensions internes, et après des garanties de sécurité et de négociations données par les pouvoirs publics et la Fédération de l'Etat de Sao Paulo, ils ont renoncé.

Dans la foulée, le mouvement perdait son leader, Paulo André, transféré de Corinthians au Shanghai Shenhua en Chine. Un départ considéré comme une fuite par certains, ce dont le joueur s'est défendu.

Touché mais pas coulé, le BFC est revenu au premier plan à la mi-mars, lors d'une conférence à Sao Paulo, pour présenter ses propositions concrètes quant au calendrier et au fair-play financier. La CBF, invitée, ne s'est pas présentée.

Le Bom Senso a déployé des banderoles rappelant leurs revendications dimanche avant le coup d'envoi des finales des championnats d'Etat. La lutte continue.

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