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Des manifestantes à Fredericton réclament un meilleur accès à l'avortement

17/04/2014 01:02 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Plus de 400 personnes ont manifesté devant l'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, jeudi midi, pour réclamer un plus grand accès au service d'avortement.

La manifestation a été organisée à la suite de l'annonce de la fermeture de la clinique Morgentaler, à Fredericton. Il s'agit de la seule clinique privée pratiquant cette intervention dans les Maritimes.

Les manifestantes ont demandé au gouvernement du Nouveau-Brunswick de financer un service d'avortement accessible et sécuritaire.Elles provenaient des quatre coins de la province, de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse.

Il y a eu plusieurs discours. Une manifestante a raconté comment, à 17 ans, elle avait songé au suicide parce qu'elle ne pouvait pas recourir à l'avortement après avoir été violée. Ses parents et son médecin refusaient.

Des politiciens ont aussi pris la parole. La ministre Marie-Claude Blais a simplement dit qu'elle ferait part des préoccupations des manifestantes au gouvernement. Elle a été huée. Les ministres Madeleine Dubé, Craig Leonard et Claude Williams étaient aussi présents.

Le chef libéral, Brian Gallant, a dit qu'il était pro-choix, ce qui a plu aux manifestantes. Par contre, il a été hué lorsqu'il a parlé de former un comité pour étudier la situation. Les manifestantes ont crié de respecter la loi à la suite du jugement de la Cour suprême du Canada sur l'avortement, qu'il était temps de passer à l'action, et que le temps des études était passé.

Les chefs du Parti vert, David Coon, et du NPD, Dominic Cardy, étaient aussi présents.

La directrice de la clinique Morgentaler, Simone Leibovitch, était sur place. Elle n'a pas participé à l'organisation de la manifestation, mais elle a qualifié l'événement de succès.

Une procédure perçue comme un obstacle

Les femmes qui souhaitent une interruption de grossesse peuvent obtenir cette intervention gratuitement à l'hôpital au Nouveau-Brunswick à condition de présenter deux références de médecins. Les organisatrices de la manifestation estiment que cette exigence est un obstacle au droit à l'avortement.

La procédure à la clinique Morgentaler, quant à elle, est réalisée sans avis médical, aux frais des patientes, et elle n'est pas remboursée par le gouvernement.

La clinique Morgentaler va fermer à la fin de juillet pour des raisons financières. La direction a notamment invoqué le refus du provincial de couvrir les frais des interventions qu'elle pratique.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, ne souhaite toujours pas réagir à la fermeture de la clinique. Il explique qu'il n'a pas reçu de confirmation que la poursuite intentée contre la province par le Dr Morgentaler avait bel et bien été retirée.

Le député libéral Donald Arsenault appuie pour sa part une révision de la loi, comme son chef Brian Gallant. « On a le droit moral, en tant que député, [de traiter] ces dossiers. On reconnaît l'ensemble des émotions des deux côtés de l'argument. Par contre, on a des responsabilités constitutionnelles également. Je pense que c'est important qu'on revoit la loi qui est en place ici au Nouveau-Brunswick, voir si on peut potentiellement réduire les différentes barrières », dit Donald Arseneault.

EN COMPLÉMENT

Le réveil / Nouveau-Brunswick (16 avril 2014) - Financement de cliniques d'avortement : les réactions de Sylvie Morin, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

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