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Brésil : 19 tués et vague de pillages lors d'une grève de policiers, l'armée en renfort

17/04/2014 12:46 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:12 EDT

Des centaines de soldats et de policiers d'élite patrouillaient jeudi les rues de Salvador de Bahia, dans le nord-est du Brésil, où la police est en grève depuis mardi soir, ce qui a suscité une vague de pillages et 19 assassinats, à 57 jours du Mondial.

"J'ai autorisé l'envoi de troupes fédérales pour renforcer la sécurité publique et assurer la paix à Bahia", l'une des 12 villes hôtes du Mondial de football (12 juin-13 juillet), a déclaré jeudi la présidente Dilma Rousseff sur son compte Twitter.

Un total de 19 personnes ont été tuées au cours des premières 24 heures de la grève, d'après un bilan officiel.

"C'est un chiffre supérieur à la normale", a affirmé à l'AFP Isaac Jorge, un porte-parole du gouvernement de l'Etat de Bahia.

Plusieurs pharmacies, supermarchés, magasins d'appareils électroménagers et de chaussures ont été pillées depuis mardi soir, certains habitants profitant de l'absence de policiers dans les rues de la ville, l'une des plus dangereuses du pays.

Cinquante personnes ont été arrêtées, selon les autorités locales.

Le taux d'homicides dans l'Etat de Bahia a grimpé de 400% de 2000 à 2010, à 41,1 pour 100.000 habitants, d'après des statistiques de l'Institut de recherches économiques appliquées (Ipea).

Les forces armées ont mobilisé 2.500 militaires pour assurer la sécurité, un chiffre qui pourrait être augmenté, a indiqué le ministère de la Défense.

Outre le déploiement de soldats, la présidente Rousseff a autorisé celui de 250 policiers d'élite de la Force nationale, un chiffre qui pourra atteindre 5.000 "jusqu'à ce que soient rétablies les conditions normales", d'après le ministère de la Défense.

"La grève est illégale, inconstitutionnelle et porte préjudice directement à la population", a souligné le porte-parole du gouvernement de Bahia. Les revendications salariales des grévistes ne cessent d'augmenter et dépassent la capacité du budget de l'Etat de Bahia, a-t-il ajouté.

La justice de Bahia a décrété mercredi cette grève comme étant "illégale" et infligé une amende de 50.000 reais par jour (16.000 euros) au syndicat des grévistes s'ils ne reprennent pas le travail.

En principe la PM n'est pas autorisée à faire grève au Brésil et le tribunal de Bahia a souligné que le mouvement de grève "bafoue le droit assuré constitutionnellement à la sécurité publique".

La police de Bahia avait déjà fait une grève de 12 jours à la veille du carnaval de 2012, période très touristique, ce qui avait déclenché une vague de violences qui s'était soldée par 157 morts.

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