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Ukraine: la Russie rejette les "accusations gratuites" de la France à son égard

16/04/2014 06:04 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

La France se livre à des "accusations gratuites" à l'égard de Moscou dans la crise ukrainienne, a déclaré mercredi le ministère russe des Affaires étrangères, réagissant à des propos du ministre français Laurent Fabius.

"Au lieu de se livrer à des accusations gratuites à l'encontre de la Russie, qui serait prétendument la source de tous les malheurs de l'Ukraine, la diplomatie française que dirige M. Fabius ferait mieux de concentrer ses efforts sur le respect des engagements que la France a pris en se faisant le garant des accords du 21 février", qui devaient assurer une issue politique en Ukraine, a déclaré le ministère russe dans un communiqué.

La diplomatie russe déclare sa "profonde perplexité" à l'égard des déclarations de M. Fabius dans lesquelles il fait porter "toute la responsabilité de la montée des tensions en Ukraine exclusivement sur la Russie", a ajouté le ministère.

"Le ministre n'a pas dit un mot de l'ordre criminel donné par (le président par intérim) Olexandre Tourtchinov d'écraser par la force la contestation des habitants du sud-est" de l'Ukraine, déclare encore la diplomatie russe.

"Nos partenaires français ne veulent pas davantage reconnaître qu'à l'évidence ce sont des antisémites, des radicaux et des neofascistes qui mènent le bal aujourd'hui à Kiev", déclare encore le ministère.

La diplomatie russe a précisé qu'elle réagissait à des déclarations publiées sur le compte Twitter du chef de la diplomatie française.

"En Ukraine, les Russes sont à la manoeuvre, ce sont des méthodes qu'on connaît, qu'on a déjà vues en Crimée", la péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie, peut-on lire sur ce compte, en date de mardi.

Ce compte renvoie également à la vidéo d'une réponse de M. Fabius à une question sur l'Ukraine à l'Assemblée nationale, dans laquelle il décrit la montée de la tension dans l'est de l'Ukraine, et en fait porter la responsabilité sur Moscou.

"L'origine, il faut la qualifier clairement, c'est la Russie", déclare-t-il.

Le ministre français des Affaires étrangères, avec ses homologues allemand et polonais, avait contribué le 21 février à Kiev à la signature d'un accord de sortie de crise entre le président pro-russe Viktor Ianoukovitch et l'opposition qui manifestait depuis 3 mois, alors que les événements avaient tourné au bain de sang dans la capitale ukrainienne.

Mais cet accord n'a jamais été appliqué, le Parlement ukrainien ayant dès le lendemain destitué M. Ianoukovitch qui s'est ensuite réfugié en Russie.

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