DIVERTISSEMENT

OSM : un coup de chapeau aux «Belles-Sœurs»

16/04/2014 01:56 EDT | Actualisé 16/04/2014 01:57 EDT
Courtoisie OSM

En 2010, lorsque Marie-Thérèse Fortin, alors directrice du Théâtre d’Aujourd’hui, supervisait la création de la comédie musicale Belles-Sœurs, elle savait qu’un grand succès était sur le point d’éclore. «À un moment donné, en salle de répétition, je me suis dit : “Ça, ça va faire boum!”», se remémore celle qui interprète aussi Germaine Lauzon dans la mythique pièce remaniée par la mise en scène de René Richard Cyr et les chansons de Daniel Bélanger.

Mais, de la à s’imaginer que cette nouvelle version du classique de Michel Tremblay se fraierait un chemin jusqu’à l’Orchestre symphonique de Montréal, il y avait un pas que l’actrice n’aurait peut-être pas franchi. Et pourtant, ces Belles-Sœurs qui collent des timbres, parlent en joual et médisent dans le dos des autres seront bel et bien à la Maison symphonique de Montréal, ce soir et demain, à la «Place des Autres» (Place des Arts), comme elles l’auraient probablement dit à l’époque. Le concert Coup de chapeau aux Belles-Sœurs réunira les 14 comédiennes de la troupe originale, qui promènent le spectacle en tournée depuis quatre ans, dont Marie-Thérèse Fortin, Maude Guérin, Sonia Vachon, Kathleen Fortin, Sylvie Ferlatte et Monique Richard ; seule Janine Sutto ne sera pas de l’événement, son personnage n’étant pas assez présent dans l’intrigue.

Dans un collage de répliques assemblées par René Richard Cyr, qui permettra de condenser l’histoire en une heure et quart, les Germaine Lauzon, Rose Ouimet, Angéline Sauvé, Marie-Ange Brouillette, Des-Neiges Verrette et compagnie interpréteront les airs de Daniel Bélanger qui ont fait de Belles-Sœurs un triomphe, sous la direction du chef et orchestrateur Simon Leclerc, qui a aussi réarrangé chacun des morceaux.

«C’est comme un Reader’s Digest des Belles-Sœurs, rigole Marie-Thérèse Fortin. On aura nos costumes, quelques accessoires, mais le reste, ça ne sera que nous et nos voix!»

Une autre couleur

L’idée de transporter Belles-Sœurs jusqu’à l’Orchestre symphonique de Montréal vient de René Richard Cyr. En mai 2012, Marie-Thérèse Fortin et le reste du groupe se produisaient en a capella («unplugged», précise Marie-Thérèse en riant) au Théâtre de Verdure du parc La Fontaine. Quelques semaines plus tôt, en mars, Belles-Sœurs cartonnait au Théâtre du Rond-Point, à Paris, où, fait étonnant, ce texte de Tremblay n’avait jamais été joué, excepté une fois, en 1968, lorsque les Belles-Sœurs originales ont vu le jour. Pour René Richard Cyr, la suite logique ne pouvait être que de joindre les voix de ses protégées aux rythmes d’un ensemble de 90 musiciens…

«On n’aurait jamais pu soupçonner à quel point Belles-Sœurs a touché les gens, raconte Marie-Thérèse Fortin. Ça les a rejoints avec une grande force, d’une façon assez mystérieuse. Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles haïssaient le théâtre musical, mais qu’elles avaient pleuré tout au long de Belles-Sœurs. C’est le génie de Michel Tremblay, de toucher quelque chose qui nous dépasse tous un peu, avec la langue québécoise, dans ce qu’elle a de plus profond.»

«Même à Paris, on ne savait pas comment les Français allaient lire ça, poursuit-elle. Même si cette pièce avait été jouée dans je ne sais plus combien de langues à travers le monde, elle n’avait pas encore été jouée à Paris. Dans des théâtres amateurs, oui, mais pas sur les grandes scènes. Et là aussi, c’a fait boum! Les Français ont reçu très fortement le côté Motown de la pièce. Alors, considérant cet impact, et celui de l’événement au parc La Fontaine, René Richard s’est mis en contact avec l’OSM. Et on connait la suite…»

Au terme de plusieurs répétitions, à quelques heures d’entendre les premières notes de l’OSM derrière elle, entourée de ses camarades, Marie-Thérèse Fortin se réjouit que l’essence même de Belles-Sœurs n’ait pas été dénaturé à travers le mélange symphonique.

«Je pense que, quand les musiciens vont partir, le petit poil sur les bras va nous redresser! (rires) Les arrangements de Simon Leclerc sont très justes, très beaux. Ça ne transforme pas ce que Daniel Bélanger a écrit. Au contraire, ça le magnifie. Ça amène une autre couleur.»

«Et nous, on doit quand même rester dans nos personnages. C’est magique que ces femmes-là, qui chantent comme ça, avec leur parlure, leur façon d’être, se retrouvent à l’OSM, à la Place des Arts. On ne doit surtout pas modifier leur nature parce qu’elles sont là… Je pense que ça marche bien», conclut Marie-Thérèse Fortin.

Le concert Coup de chapeau aux Belles-Sœurs a lieu mercredi et jeudi, 16 et 17 avril, à 20h, à la Maison symphonique de Montréal. Il reste encore des billets. (514) 842-9951 ou www.osm.ca pour d’autres informations. Aucune autre représentation de la pièce Belles-Sœurs n’est prévue pour 2014, mais des projets sont en cours de discussion pour l’année 2015.

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