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Le PQ pose des questions sur une enquête de l'UPAC mettant en cause Normandeau

16/04/2014 06:06 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le Parti québécois exige des explications du premier ministre élu Philippe Couillard à propos d'allégations de malversations dans le financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

La députée péquiste Agnès Maltais a fait ces commentaires mercredi à propos de documents de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui viennent d'être rendus publics.

Jusqu'ici frappées d'un interdit de publication, ces déclarations assermentées avaient servi aux policiers pour obtenir un mandat de perquisition du siège du PLQ, l'été dernier.

Lors d'un point de presse, Mme Maltais a déclaré que le cabinet de l'ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau était éclaboussé par les allégations contenues dans ces documents.

«Nous venons d'apprendre, suite au dévoilement de documents de l'UPAC, que le cabinet de l'ex-ministre Nathalie Normandeau aurait été au coeur d'une vaste conspiration criminelle qui a permis aux entreprises de s'acheter les faveurs du gouvernement libéral de l'époque en inondant le Parti libéral de contributions illégales», a-t-elle dit.

Selon ce qui a été rapporté dans les médias qui ont pu obtenir ces documents, l'ex-ministre des Affaires municipales est intervenue dans l'octroi d'une subvention de 11 millions $, en février 2007, malgré l'avis contraire de fonctionnaires.

Cette somme, remise à la municipalité de Boisbriand, a permis au cabinet de génie-conseil Roche et à l'entreprise de construction Infrabec de réaliser un projet d'usine de filtration d'eau.

Selon les documents, la décision de Mme Normandeau est le résultat d'un financement politique soutenu depuis 2005 et d'un exercice d'influence par différents intervenants auprès d'elle-même et du PLQ.

Citant les documents, Mme Maltais a affirmé que les objectifs de financement du PLQ auraient forcé le recours aux dons d'entreprises, une pratique illégale. Le PLQ aurait aussi eu recours à une double comptabilité et une «127e circonscription virtuelle» aurait été créée pour recueillir ces contributions d'entreprises.

La députée péquiste, réélue dans Taschereau le 7 avril, affirme que M. Couillard doit dire si l'UPAC lui a transmis ces informations lorsque des enquêteurs l'ont rencontré, en plus de préciser depuis quand existe cette double comptabilité et combien d'argent a été ainsi dissimulé.

«Nous aimerions de la part du premier ministre une réponse à ces quelques questions», a dit Mme Maltais.

À l'Assemblée nationale, l'aile parlementaire libérale a refusé de commenter ces allégations, qui n'ont pas été prouvées devant les tribunaux et n'ont encore mené à aucune accusation.

À Montréal, une porte-parole du PLQ, Gabrielle Collu, a déclaré en entrevue téléphonique que ces informations étaient nouvelles pour les libéraux.

«Ces documents étaient caviardés, maintenant je ne sais pas si des avocats en avaient connaissance, mais au parti les mandats étaient caviardés», a-t-elle dit.

Dans un communiqué publié mercredi, Mme Normandeau a déclaré que cette subvention accordée à la municipalité de Boisbriand, connue pour avoir accueilli une usine de General Motors, a fait l'objet «d'échanges rigoureux» avec les fonctionnaires du ministère à l'époque.

Après avoir entendu les différents points de vue des intervenants au dossier, Mme Normandeau a tranché, et elle assume pleinement cette décision, indique le communiqué.

«J'ai toujours eu tous mes dossiers à cœur dont celui de la relance de Boisbriand, a-t-elle dit. J'étais très sensible à la situation sociale et économique de la municipalité à l'époque alors que Boisbriand se remettait de la fermeture de l'usine GM. J'ai toujours été convaincue que cette aide financière allait redynamiser l'économie de la ville par le projet du Faubourg Boisbriand.»

Mme Normandeau, qui a quitté la politique en septembre 2011, a affirmé mercredi qu'elle ne s'occupait pas de financement politique au sein du PLQ.

«Durant toute ma carrière, jamais je n'ai été manipulée par qui que ce soit, peu importe le poste que j'occupais, a-t-elle dit. Je n'aurais jamais accepté qu'une telle situation se produise. J'ai toujours assumé mes fonctions avec intégrité, rigueur et honnêteté.»

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