NOUVELLES

Egypte: les agressions sexuelles contre les manifestantes toujours nombreuses (rapport)

16/04/2014 10:15 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

Les violences sexuelles contre les femmes restent un fléau en Egypte, des centaines d'entre elles ayant été agressées depuis 2011, notamment lors de manifestations, sans que les responsables de ces actes n'aient été poursuivis, selon un rapport d'ONG publié mercredi.

"Les gouvernements égyptiens qui se sont succédé ne se sont pas attaqué aux violences faites aux femmes, et cela a des implications importantes sur (leur) participation à la transition politique du pays", souligne ce rapport d'organisations de défense des droits de l'Homme.

De nombreuses agressions sexuelles se sont produites durant les manifestations ayant marqué la révolte qui a renversé Hosni Moubarak il y a trois ans, sous le règne des militaires ayant assuré la transition, puis sous la présidence de l'islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée le 3 juillet dernier.

Entre novembre 2012 et janvier 2014, 250 cas ont ainsi été signalés, dont une grande partie sur et dans les environs de la place Tahrir au Caire, lieu emblématique des révoltes anti-Moubarak puis anti-Morsi, selon le rapport.

"Les rescapées et les témoins ont fait état de la même façon de procéder (à chaque fois): des dizaines d'hommes entourent les (victimes), déchirent leurs vêtements et tripotent leurs corps".

"Certaines ont été violées par de multiples assaillants, souvent armés de bâtons, de lames et autres armes".

"Pourtant, en mars 2014, aucun agresseur n'avait été présenté devant la justice", dénoncent les organisations, dont la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Le rapport contient le témoignage de plusieurs victimes.

"Les hommes étaient comme des lions sur un morceau de viande, leurs mains allaient partout sur mon corps et sous mes vêtements déchirés", raconte l'une d'elles, agressée lors d'une manifestation en juin 2012.

"Plusieurs hommes m'ont violée avec leurs doigts en même temps. Soudain, j'étais sur le sol et les hommes me tiraient les cheveux, les jambes et les bras en continuant à me violer", ajoute-t-elle.

Les organisations de défense des droits de l'Homme accusent les autorités installées par l'armée de ne pas avoir mené d'enquête afin de poursuivre les assaillants, qu'ils soient des "acteurs de l'Etat ou des civils".

"Des mesures (...) sont requises pour protéger et promouvoir le droit des femmes à vivre sans violence" et à "participer à la construction de l'avenir de l'Egypte", a martelé la directrice exécutive de Nazra for Feminist Studies, Mozn Hassan.

jds/cco/feb

PLUS:hp