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Des blindés possiblement russes sont aperçus en Ukraine

16/04/2014 10:22 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

SLOVYANSK, Ukraine - Des blindés arborant des drapeaux russes sont entrés mercredi dans une ville ukrainienne contrôlée par des insurgés prorusses, ce qui risque de refroidir les espoirs du gouvernement de Kiev de reprendre le contrôle sur l'est du pays.

On ne sait toutefois pas exactement qui sont ces hommes, majoritairement masqués, ni pourquoi ils se trouvent dans cette région instable.

Les six blindés ont pénétré dans la ville de Slovyansk, qui se trouve au coeur de l'insurrection face au gouvernement de Kiev. Des insurgés y ont notamment capturé le quartier-général de la police locale et le siège de l'administration, afin de revendiquer une plus grande autonomie pour l'Est ukrainien et des liens plus étroits avec la Russie.

Des gestes similaires ont été posés dans au moins huit autres villes de la partie orientale du pays.

Un homme a affirmé être un militaire ukrainien qui a fait défection au camp prorusse — ce qui laisse planer le spectre d'un soulèvement par les forces ukrainiennes dans l'est du pays.

Un journaliste de l'Associated Press a toutefois entendu une conversation qui porte à croire que les véhicules n'ont pas été cédés volontairement.

«Qu'est-ce que j'était supposé faire, avec des armes pointées vers moi?», a demandé un soldat à un résidant.

Mettant fin à un silence de plusieurs heures, le ministère ukrainien de la Défense a indiqué par voie de communiqué que les soldats ukrainiens sont entrés à Kramatorsk, au sud de Slovyansk, mercredi matin. Des résidants et des «membres de groupes russes de sabotage» se seraient alors emparés de six blindés pour se rendre à Slovyansk. Le ministère a ajouté que les hommes vus à Slovyansk ne sont pas ses soldats, mais qu'il ne sait pas exactement où se trouvent ces derniers.

En fin de journée mercredi, des résidants de la ville de Pchyolkino, au sud de Slovyansk, ont entouré 14 blindés ukrainiens et ont refusé de les laisser quitter la ville.

«J'ai prêté serment de servir l'Ukraine, a dit un soldat qui a seulement donné son prénom, Dimitri. Je ne trahirai pas ce serment.»

À Kiev, le premier ministre Arseni Iatseniouk a accusé Moscou d'avoir orchestré les troubles.

«La Russie a maintenant de nouvelles exportations, en plus du pétrole et du gaz: la Russie exporte maintenant le terrorisme vers l'Ukraine, a-t-il lancé lors d'une rencontre du Cabinet. La Russie doit retirer ses groupes de sabotage. condamner les terroristes et libérer tous les édifices administratifs.»

Dans la capitale régionale orientale de Donetsk, des hommes armés se sont emparés du bureau du maire et ont réclamé que le gouvernement central accorde plus d'autonomie à la région.

«Nous sommes venus dans cet immeuble pour que Kiev accepte nos demandes, les demandes des gens ordinaires de Donbass, d'adopter une loi sur un référendum local», a déclaré un milicien.

À Bruxelles, l'OTAN a annoncé un renforcement de sa présence militaire le long de sa frontière orientale en réponse à l'agression de la Russie en Ukraine.

Le secrétaire général de l'alliance, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que des forces seraient immédiatement déployées dans la région.

«Il y aura plus d'avions dans les airs, plus de navires sur l'eau et une plus grande présence sur le terrain», a-t-il dit. Mais M. Rasmussen a refusé de préciser combien de militaires ou d'actifs seront déployés, se contentant de dire qu'il y en aura assez et qu'on pourra en faire davantage si nécessaire.

L'alliance de 28 pays a déjà suspendu la plupart de ses activités de coopération et ses négociations avec la Russie.

Elle a également renforcé les patrouilles aériennes sur sa frontière orientale et effectué des vols de surveillance au-dessus de la Pologne et de la Roumanie.

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