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Commission Charbonneau: peu d'acteurs dans l'éclairage extérieur

16/04/2014 01:55 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le marché de l'éclairage extérieur est concentré entre quelques grands acteurs, tant dans la grande région de Montréal qu'à Québec, a constaté mercredi Jeannette Gauthier, ingénieure de formation et enquêteure à la Commission Charbonneau.

Après avoir rencontré une trentaine d'acteurs du milieu, Mme Gauthier affirme avoir fini par comprendre qu'il y existait «une forme de non-concurrence». Les entrepreneurs lui parlaient en effet de «respect» entre eux.

«(Pour) chacun, il n'y a pas de raison de faire une guerre de prix; si chacun on reste comme on est toujours resté, on a un marché prévisible et sans qu'on ait besoin nécessairement de se parler, tout le monde sera heureux et tout le monde sera gagnant dans cette situation-là», a-t-elle résumé.

Le marché, dit-elle, était particulièrement concentré entre 2003 et 2008. À compter de 2009, il y a eu davantage d'acteurs dans le milieu.

L'enquêteure a aussi remarqué, dans le domaine de l'éclairage extérieur, ce qu'elle a décrit comme un quasi-mariage entre les fabricants dominants et les entrepreneurs dominants. Ils s'aident l'un l'autre à obtenir les meilleurs prix.

Dans ce domaine, le prix des matériaux compte pour 50 à 90 pour cent de la valeur de la soumission, d'où l'importance pour un entrepreneur en électricité d'obtenir un bon prix du fabricant.

Ainsi, les entreprises dominantes bénéficient d'une réduction de 30 à 70 pour cent, alors que les petites n'ont qu'une réduction de 5 à 20 pour cent des mêmes fabricants.

De petits entrepreneurs ont ainsi été victimes d'une certaine «forme d'intimidation», a rapporté Mme Gauthier. Elle a relaté les cas d'un camion brûlé et de fils coupés sur un chantier ou autres actes de vandalisme. Les entrepreneurs touchés n'ont pas pu faire de corrélation hors de tout doute avec le fait qu'ils avaient voulu soumissionner pour un projet.

Dans d'autres cas, ils ont reçu des menaces du genre «si j'étais à votre place, j'installerais des caméras de sécurité; vous avez de beaux équipements» ou «vous allez avoir des problèmes si vous soumissionnez» ou, plus directement, «on va vous couper vos vivres», a relaté l'enquêteure de la commission.

Parmi les autres méthodes pour importuner un concurrent, elle a aussi noté celle qui consiste à déposer des plaintes à répétition contre lui au Bureau des soumissions déposées du Québec (BSDQ), où les entrepreneurs spécialisés déposent leurs prix de sous-traitance pour les entrepreneurs généraux.

Par exemple, un seul entrepreneur a été l'objet de 8 pour cent des plaintes déposées au BSDQ, a-t-elle signalé.

Son témoignage est terminé. Jeudi, la commission entendra un autre témoin relié au secteur de l'éclairage extérieur dont elle n'a pas encore révélé l'identité.

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