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Cellules Stap: un des protagonistes souhaite le retrait de l'article dans Nature mais juge possible leur existence

16/04/2014 04:49 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

L'un des protagonistes de l'affaire dite des cellules Stap qui secoue le monde scientifique japonais a jugé mercredi que le retrait de la publication dans la revue Nature était l'option la plus appropriée, tout en estimant possible l'existence de ces cellules.

"Je présente mes profondes excuses pour les importants soucis causés", s'est prosterné lors d'une conférence de presse le professeur Yoshiki Sasai, une éminente figure japonaise du monde de la recherche cellulaire.

C'est lui qui a aidé la chercheuse Haruhiko Obokata, jeune directrice d'une unité de recherche du même prestigieux institut public, le Riken, à mettre en forme l'article sur la découverte et la création des cellules Stap qu'elle a publié fin janvier dans la très respectée revue britannique Nature.

Par la suite, plusieurs personnes ont signalé des bizarreries dans cette communication scientifique, ce qui a conduit le Riken à diligenter une enquête.

Le comité d'experts mandaté a conclu que Mme Obokata, "immature et dépourvue d'intégrité", avait "contrefait et faussé" des images prétendument probantes du procédé chimique qu'elle dit avoir conçu pour créer des cellules indifférenciées et pluripotentes, revenues à un état quasi embryonnaire.

Les conclusions des investigations sont si graves qu'elles ont fait douter de l'existence-même des cellules Stap.

Mercredi, M. Sasai s'est voulu précis et pédagogue pour expliquer en substance qu'on ne pouvait pas aussi facilement jeter l'opprobre sur Mme Obokata ni ses recherches aux orties.

En revanche, il considère nécessaire pour lever le doute que les expériences effectuées par Mme Obokata soient reproduites au sein de son institut et ailleurs, et juge qu'en attendant "le retrait de l'article est l'option la plus appropriée".

La chercheuse Obokata est contre cette solution, estimant que "cela reviendrait à annoncer au monde entier que l'article était une erreur et que les cellules Stap n'existent pas".

A la décharge de Mme Obokata, M. Sasai a expliqué que selon lui, "si l'hypothèse des cellules Stap n'existait pas, plusieurs phénomènes ne seraient pas facilement explicables", laissant entendre qu'il croyait en la possibilité de leur existence.

M. Sasai était aux côtés de Mme Obokata lors de la première conférence de presse de présentation de ces cellules Stap le 28 janvier, la veille de la publication dans Nature. Il avait même pris la parole à plusieurs reprises mais ne s'était pas exprimé depuis lors.

Les explications de M. Sasai étaient attendues avec gourmandise par des journalistes sur les dents à l'affût du moindre nouvel élément dans cette affaire qui divise le monde scientifique nippon et l'opinion, en mettant en exergue les rivalités au sein du milieu de la recherche autant que la cruauté d'une partie des médias.

La jeune Obokata (30 ans) est actuellement hospitalisée car fragilisée par ce scandale qui la dépasse.

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