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Une centaine d'adolescentes enlevées dans une école du nord-est du Nigeria

15/04/2014 11:34 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

LAGOS, Nigeria - De présumés islamistes ont enlevé une centaine de jeunes filles dans une école du nord-est du Nigeria, mardi, au lendemain d'un attentat dans une gare d'autocars de la capitale qui a fait au moins 75 morts, ont annoncé les autorités.

Peu après minuit, des hommes armés ont abattu un soldat et un policier qui surveillaient une école à Chibok, dans l'État de Borno, avant d'enlever les adolescentes, ont indiqué les autorités.

Certaines filles se sont échappées en sautant du camion des ravisseurs, qui avançait lentement sur une route, a précisé un responsable sous le couvert de l'anonymat.

Les extrémistes islamistes du Nigeria ont déjà utilisé des jeunes filles comme cuisinières ou esclaves sexuelles par le passé.

Toutes les écoles de l'État de Borno ont été fermées il y a trois semaines à cause de la multiplication des attaques imputées aux extrémistes de Boko Haram, qui ont tué des centaines d'élèves. Mais les adolescentes enlevées mardi, âgées de 16 à 18 ans, avaient été convoquées pour leurs examens finaux, a déclaré un responsable du gouvernement local.

Le groupe Boko Haram, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est interdite», a déjà visé des écoles, des mosquées, des églises, des villages et des centres agricoles dans des attaques de plus en plus indiscriminées. Les insurgés ont aussi mené des raids audacieux contre des casernes et des bases militaires. Le groupe veut faire du Nigeria un État islamique gouverné par la charia.

Les enlèvements sont survenus alors que les autorités tentaient de faire face aux conséquences de l'attentat de lundi à Abuja, qui a fait 75 morts et 141 blessés, à quelques kilomètres du siège du gouvernement. L'attaque a aussi été attribuée à Boko Haram.

Des centaines de personnes atterrées cherchant leurs proches se sont réunies devant la morgue de l'hôpital Asokoro, où des responsables leur ont montré des photos des victimes.

«Des gens innocents meurent sans savoir pourquoi», s'est lamentée Tina Eguaoje, qui a retrouvé son proche, un caporal de police, dans les photos des victimes.

L'inspecteur général de la police nationale, M. D. Abubakar, a appelé les Nigérians à transmettre aux autorités toute information pouvant mener aux responsables de «ce crime odieux». Il a précisé que les autorités prenaient des mesures énergiques afin de «réviser les stratégies actuelles de sécurité et renforcer la sécurité dans toutes les parties du pays».

Les attaques menées par les islamistes du groupe Boko Haram ont tué plus de 1500 personnes depuis le début de l'année au Nigeria.

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