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Tout recours "criminel" à la force par Kiev "sapera le dialogue" à Genève (Lavrov)

15/04/2014 05:04 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a prévenu mardi à Pékin que tout ordre "criminel" des autorités ukrainiennes de recours à la force contre les insurgés pro-russes dans l'est de l'Ukraine ferait capoter le dialogue prévu jeudi à Genève.

"Vous ne pouvez pas envoyer les chars et en même temps tenir un dialogue", a déclaré M. Lavrov. "Le recours à la force réduirait à néant l'occasion offerte par la réunion quadripartite à Genève" entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne pour tenter de dénouer la crise ukrainienne.

"La Russie exige instamment (que l'Ukraine) cesse d'envoyer des forces dans le sud-est pour écraser les manifestations", a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères, dans une conférence de presse commune avec son homologue chinois Wang Yi.

Kiev a annoncé une "opération antiterroriste de grande envergure" pour reprendre la main face aux pro-russes qui tiennent des bâtiments publics dans une demi-douzaine de villes de l'Est. Aucune activité militaire loyaliste n'a cependant été constatée par l'AFP dans la région.

"L'Ukraine propage des mensonges selon lesquels la Russie serait derrière les événements dans le sud-est (du pays). C'est un mensonge éhonté", a poursuivi le ministre russe des Affaires étrangères.

Sergueï Lavrov est venu chercher à Pékin un soutien accru de la Chine sur la crise ukrainienne, dans un contexte de vives tensions entre Moscou et les pays occidentaux.

Confrontée depuis samedi à des assauts visiblement coordonnés par des activistes pro-russes, l'Ukraine apparaît plus que jamais menacée d'éclatement entre l'est russophone et le centre et l'ouest tournés vers l'Europe.

Le Kremlin a annoncé que M. Poutine recevait de "nombreuses demandes" d'aide des régions de l'est ukrainien et suivait la situation avec "beaucoup d'inquiétude". Des déclarations qui renforcent les craintes d'intervention militaire -- la Russie ayant massé jusqu'à 40.000 hommes à la frontière selon l'Otan, et le président russe soulignant depuis longtemps qu'il assurerait "à tout prix" la sécurité des populations russophones de l'ex-URSS.

Depuis le début de la crise ukrainienne la Chine apparaît embarrassée, tiraillée entre son soutien habituel à Moscou et sa défense traditionnelle de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.

Se gardant de condamner le rattachement de la Crimée à la Russie, Pékin s'est contenté d'appels à la "retenue" et à une "solution politique" ménageant Moscou.

Mardi un journal de la presse d'Etat a semblé entériner de facto ce rattachement. "Nous prônons le maintien de l'intégrité territoriale dans l'ère post-Crimée", a écrit dans un éditorial le quotidien Global Times.

La Russie et la Chine présentent un front commun face aux Occidentaux sur plusieurs dossiers diplomatiques chauds, tels que la Syrie. Les deux pays ont bloqué plusieurs projets de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le président Bachar al-Assad.

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