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Régimes de retraite des employés municipaux: une coalition exige la négociation

15/04/2014 01:04 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une coalition d'environ 55 000 employés municipaux prévient qu'elle ne se laissera pas imposer des balises par les élus sur la question des déficits des régimes de retraite puisque, selon elle, la solution passe par la négociation.

Réunis à Montréal, mardi, plus de 1000 délégués de la Coalition syndicale pour la libre négociation ont adopté un plan d'action visant à tempérer les informations actuellement diffusées sur les régimes de retraite à prestations déterminées.

Son porte-parole, Marc Ranger, reproche notamment à l'Union des municipalités du Québec (UMQ) d'être alarmiste en brandissant le spectre d'un déficit de plus de 5 milliards $.

«Le déficit (...), il est faux, a-t-il dénoncé. Si on faisait une nouvelle lecture au 31 décembre 2013, il serait de moins de 4 milliards $. La situation est en train de se résorber. La Coalition dit "pas de panique". Arrêtez d'essayer de nous "bulldozer".»

La Coalition s'est également montrée inquiète des intentions du Parti libéral du Québec (PLQ) qui, en campagne électorale, a promis de déposer sa mouture du projet de loi péquiste visant à assurer la pérennité des régimes de retraite.

M. Ranger est même allé jusqu'à suggérer que certains membres de l'UMQ refusaient de négocier avec certains syndicats en attendant l'adoption d'un projet de loi qui leur donnerait les «outils» nécessaires afin «d'imposer» leurs solutions.

«Ils se disent "on va attendre que le gouvernement fasse la job pour nous alors pourquoi on serait aux tables de négociations (...) si le gouvernement, dans un projet de loi, nous donne des outils pour imposer nos solutions"», a-t-il soutenu.

La proposition libérale consiste entre autres à donner une année aux parties pour s'entendre avant de confier la question à un arbitre. Ultimement, les municipalités pourraient imposer un partage égal des coûts des régimes de retraite.

Joint au téléphone, le président de l'UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest, a indiqué ne pas avoir été mis au courant de la sortie de la Coalition. Il a préféré ne pas commenter.

D'après M. Ranger, l'entente intervenue entre Montréal et ses cols bleus en 2012 démontre que la libre négociation fonctionne et qu'il n'est pas nécessaire d'imposer des balises.

«La majorité des règlements, c'est entre deux et trois ans, a précisé le porte-parole de la Coalition. Un an, c'est trop court. On n'en veut pas de projet de loi (...), chaque semaine on a des règlements. C'est sûr que nous avons des inquiétudes (avec le nouveau gouvernement).»

Refusant de céder sur la formule des régimes de retraite à prestations déterminées, le porte-parole de la Coalition a indiqué que les employés municipaux étaient prêts à négocier sur d'autres aspects.

«Il n'y a pas de sujets tabous, du moment que tout se fait par la négociation, a dit M. Ranger. Nous sommes prêts à mettre plus d'argent (dans les cotisations), revoir certains bénéfices et (...) les critères de l'âge de la retraite.»

La Coalition n'a pas l'intention d'envisager de moyens de pressions draconiens pour le moment, selon M. Ranger. Elle souhaite plutôt participer à différents forums ainsi qu'à des commissions parlementaires pour faire valoir son point de vue.

«Le message, c'est que nous voulons la négociation, pas la confrontation, affirmé le porte-parole de la Coalition. On ne parle pas de grève générale illimitée mais on dit une chose: l'UMQ ne sera plus toute seule sur la patinoire. On va répliquer coup pour coup.»

Une manifestation est également prévue le 24 avril devant les bureaux de l'UMQ, à Montréal.

La Coalition est composée du Syndicat canadien de la fonction publique, de son Conseil provincial du secteur municipal, de son Secteur du transport terrestre, de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, du Regroupement des associations de pompiers du Québec ainsi que du Syndicat des pompiers et pompières du Québec.

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