NOUVELLES

RDC: demande d'enquête sur la mort du chef rebelle Morgan dans le nord-est (ONG)

15/04/2014 01:44 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Une organisation congolaise des droits de l'Homme a demandé mardi une enquête sur la mort du chef rebelle Morgan, qui s'était rendu à l'armée il y a quelques jours dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

"Il faut une enquête indépendante et impartiale pour éclaircir les circonstances de sa mort", a déclaré à l'AFP Dismas Kitenge, président de l'ONG Lotus et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Samedi, Paul Sadala, alias Morgan, s'était rendu dans des circonstances peu claires avec une quarantaine de ses hommes dans le village de Badengaido, dans le district de l'Ituri, en Province-Orientale (Nord-Est), limitrophe de l'Ouganda.

Ils avaient pu conserver leurs armes, a expliqué lundi le lieutenant-colonel Jean-Claude Kifwa, porte-parole provincial de l'armée: "C'était une question de les rassurer parce qu'ils posaient des préalables (...) En fait, c'était un piège, une simulation".

Selon lui, les rebelles ont attaqué les militaires qui les escortaient vers Bunia, à quelque 300km au Nord-Est. Dans l'"échange de tirs (...) Morgan a été blessé aux deux jambes et il est décédé des suites de ses blessures (...) dans un hélicoptère de la Monusco", la Mission de l'ONU en RDC, a-t-il précisé.

La Monusco a de son côté affirmé que Morgan lui avait été remis déjà mort. Une version que des sources locales ont également donnée à M. Kitenge, ajoutant que c'était l'armée qui avait attaqué d'abord Morgan.

Selon le rapport d'experts de l'ONU publié en janvier, Morgan, responsable de nombreuses violations graves des droits de l'homme (viols, enlèvements, esclavage sexuel) s'était spécialisé dernièrement dans "l'attaque de mines d'or" après avoir été longtemps actif dans le braconnage d'éléphants.

D'après les mêmes experts, il aurait bénéficié de solides soutiens au sein du haut commandement militaire de la Province-Orientale.

"Certains se disent que s'il avait été transféré vivant, Morgan allait révéler ses soutiens. Selon eux, sa mort aurait été soit favorisée, soit occasionnée dans le seul but de le faire taire", a indiqué M. Kitenge.

Depuis la victoire de l'armée sur la rébellion M23 en novembre 2013, Kinshasa a appelé toutes les milices présentes en RDC à déposer les armes sous peine de s'y voir contraintes de force. Des milliers de combattants se sont déjà rendus mais des observateurs craignent que la mort de Morgan décourage les redditions.

hab/jmc

PLUS:hp