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Procès Pistorius: le procureur-chef a terminé son contre-interrogatoire mardi

15/04/2014 05:40 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

PRETORIA, Afrique du Sud - Le procureur en chef au procès pour meurtre de l'athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius a mis fin, mardi, à un contre-interrogatoire sans merci de cinq jours de l'accusé.

Me Gerrie Nel a de nouveau accusé Pistorius d'avoir volontairement abattu sa petite amie, Reeva Steenkamp, au terme d'une querelle, avant de lui demander d'accepter la responsabilité du meurtre commis le 14 février 2013.

«Qui devrions-nous blâmer pour le fait que vous avez tiré sur elle?», a demandé Me Nel. Il a lancé ce commentaire à la toute fin d'un contre-interrogatoire pendant lequel il a passé au peigne fin les moindres détails de la version de Pistorius, qui maintient depuis le début qu'il croyait avoir affaire à un cambrioleur quand il a ouvert le feu.

«Je ne sais pas, madame, j'avais peur», a répliqué Pistorius en s'adressant à la juge.

Me Nel estime que la version de Pistorius est «improbable». Il lui reproche d'avoir modifié son témoignage pour le rendre conforme aux preuves sur le terrain et d'avoir inventé l'histoire de l'intrus pour camoufler le fait qu'il a volontairement abattu Mme Steenkamp.

Pistorius a évité la question du procureur qui lui demandait d'accepter la responsabilité de la mort de Mme Steenkamp, se contentant de répondre qu'il a tiré parce qu'il croyait sa vie en danger. Cela lui a valu de nouvelles questions acérées de la part de Me Nel.

«Nous devrions blâmer quelqu'un... Devrions-nous blâmer Reeva?», a demandé l'avocat, qui dépeint depuis le début Pistorius comme un individu qui refuse d'être tenu pour responsable de ses gestes.

«Non, madame», a répondu Pistorius à la juge Thokozile Masipa, en respect avec la tradition judiciaire.

«Elle ne vous a jamais dit qu'elle s'en allait aux toilettes», a poursuivi Me Nel. Il a ensuite demandé: «Devrions-nous blâmer le gouvernement?»

Quand Pistorius a répondu avec une nouvelle référence à un éventuel intrus dans sa salle de bain, Me Nel a demandé: «Qui devrions-nous blâmer pour les (balles à pointe creuse) qui ont déchiqueté son corps?»

En fin d'avant-midi, Me Nel a déclaré qu'il n'avait plus de questions à poser à Pistorius. Le matraquage constant de Me Nel a fréquemment réduit Pistorius en larmes et l'accusé a parfois offert un compte-rendu confus des événements qui se sont produits chez lui l'an dernier, le matin de la Saint-Valentin.

Pistorius est revenu à la barre des témoins en début d'après-midi, après une pause, cette fois pour répondre aux questions de son propre avocat, Barry Roux, qui lui a demandé de décrire ses émotions avant de tirer dans la porte de la salle de bain.

«J'étais terrifié. Je craignais pour ma vie. J'avais simplement peur, a dit Pistorius. Je pensais à ce qui pourrait m'arriver à moi, à Reeva. J'avais simplement très peur.»

S'il est trouvé coupable de meurtre prémédité, Oscar Pistorius risquera une peine d'emprisonnement de 25 ans.

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