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Le CHSLD de Saint-Lambert a des devoirs à faire

15/04/2014 06:32 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

L'Agence de santé et des services sociaux de la Montérégie a rendu public un rapport d'enquête sur le CHSLD de Saint-Lambert-sur-le-Golf, le premier en partenariat public-privé au Québec, qui a fait l'objet de multiples plaintes depuis son ouverture en octobre 2010.

Un texte de Michel Rochon Twitter Courriel

Le groupe Savoie - aussi propriétaire des Résidences Soleil - devra tenir compte de 26 recommandations pour améliorer le service et la gestion de leur CHSLD.

Le CHSLD a 30 jours pour transmettre à l'agence un plan d'action, qui doit notamment :

  • Assurer une stabilité du personnel auprès des résidents (le roulement est de 100 % depuis l'ouverture de l'établissement),
  • Développer un milieu de vie optimal pour les personnes ayant des problèmes cognitifs;
  • Améliorer la communication avec le personnel, les résidents et les familles;
  • S'assurer que le commissaire aux plaintes soit impartial et perçu comme tel;
  • Clarifier les rôles, les responsabilités et renforcer le leadership de la direction générale.

Les 21 autres recommandations concernent surtout la qualité des services offerts. Ces services vont de la qualité des activités au repas, aux activités de loisir en passant par le travail des infirmières.

« Malgré les critiques, le rapport nous conforte dans le fait qu'il répond aux attentes en ce qui a trait à la qualité et la sécurité des soins », affirme Richard Deschamps, le président-directeur général de l'Agence de la santé et de services sociaux de la Montérégie.

Cette enquête a été réalisée par André Ducharme et Lise Guimond, deux vétérans dans le milieu des soins de longue durée. Ils ont passé 250 heures dans le centre et un total de 360 heures ont été consacrées à l'élaboration du rapport de 50 pages. Au total, 90 résidents, membres des familles, employés et gestionnaires ont été rencontrés.

Insatisfaction dans le milieu

« Ce rapport fait la démonstration que les partenariats public-privés, les PPP, ne fonctionnent pas pour les centres d'hébergement de longue durée. Des problèmes de gestion et un roulement de personnel aussi grand n'existent pas dans le système public. On ne voit ça qu'au privé », souligne Guy Laurion, le vice-président de la FSSS-CSN.

D'ailleurs ce syndicat, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) et l'avocat Jean-Pierre Ménard avaient réclamé une enquête ministérielle indépendante en janvier dernier et non pas une enquête pilotée par l'Agence.

Il faut dire que ce CHSLD a eu son lot d'enquête en moins de quatre ans : trois rapports d'investigation du coroner suite à trois décès, une enquête approfondie du Protecteur du citoyen concernant le manque de personnel, la mauvaise organisation du travail et des services inadéquats, une inspection professionnelle de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et même une visite de l'équipe ministérielle sur la qualité du milieu de vie.

Selon Me Ménard, il n'y a rien de neuf dans les constats de cette enquête. C'est la nature même des partenariats public-privés à laquelle il faut s'attaquer.

Il reste à voir si le plan d'action du groupe Savoie sera déposé à temps et que le contenu de ce plan sera en mesure de changer les façons de faire de ce CHSLD, qui a fait l'objet de beaucoup de plaintes et d'enquêtes depuis sa création. En décembre dernier, deux ex-employées de cet établissement ont été arrêtées et accusées de mauvais traitements sur des résidents.

 

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