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Commonwealth: Colombo critique la suspension du financement par Ottawa

15/04/2014 02:48 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

COLOMBO, Sri Lanka - Le Sri Lanka a accusé mardi le Canada d'utiliser sa participation au financement du Commonwealth comme un outil politique.

Ces accusations surviennent après que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, eut annoncé, lundi, qu'Ottawa suspendrait sa subvention de 20 millions $ destiné à l'organisation internationale tant et aussi longtemps que le Sri Lanka en présiderait le secrétariat — soit pendant encore deux ans.

Le Canada, l'un des principaux États subventionnaires du Commonwealth, qui regroupe 53 nations, devait normalement verser 10 millions $ par année pendant cette période, mais M. Baird a fait savoir que l'argent irait ailleurs.

Le ministère sri-lankais des Affaires étrangères a accusé le Canada de poser ce geste pour des motifs électoralistes, mais «prenant ainsi en otage son appartenance au Commonwealth».

Au dire du ministre Baird, la contribution volontaire d'Ottawa sera plutôt destinée à d'autres programmes faisant la promotion des valeurs de l'organisation.

Le Canada compte ce qui est sans doute la plus importante diaspora tamoule du monde.

Le premier ministre Stephen Harper a déjà boycotté, l'an dernier, le sommet du Commonwealth organisé au Sri Lanka, en raison d'inquiétudes quant au bilan du pays en matière de protection des droits de la personne.

Le gouvernement Harper a mérité les félicitations de défenseurs des droits de la personne dans le monde pour avoir milité en faveur d'une enquête indépendante sur les événements entourant la fin de la longue guerre civile sri-lankaise en 2009.

L'armée nationale avait alors écrasé les Tigres tamouls. Les deux camps sont accusés d'avoir commis d'importantes violations des droits de l'homme. Selon un rapport des Nations unies, quelque 40 000 civils tamouls auraient pu perdre la vie au cours des derniers mois des affrontements.

Le mois dernier, l'agence onusienne des droits de l'homme a autorisé la tenue d'une enquête internationale sur de présumés crimes commis par les deux camps.

«Le Canada est toujours inquiet de l'absence d'obligation de rendre compte pour de présumées violations graves des droits de l'homme et des normes humanitaires internationales au Sri Lanka», a déclaré le ministre Baird par voie de communiqué.

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