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Algérie: Benflis ne se "taira pas" en cas de fraude à la présidentielle

15/04/2014 12:10 EDT | Actualisé 15/06/2014 05:12 EDT

Le principal rival d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle algérienne du 17 avril, Ali Benflis, a affirmé mardi qu'il ne se tairait pas en cas de fraude en faveur du président sortant.

"Si jamais les élections sont truquées, je ne me tairai pas", a martelé lors d'une conférence de presse M. Benflis qui n'a eu de cesse de dénoncer les risques de fraude tout au long de la campagne qui s'est achevée dimanche.

"Ne pas se taire", a-t-il expliqué, "c'est protester, ne pas accepter le viol de la volonté populaire".

"Comment vais-je faire avec ces millions de gens qui ont voté pour moi, qui s'aperçoivent que les PV ont été (...) trafiqués", s'est encore demandé M. Benflis en se disant "confiant" en sa victoire.

Il a indiqué avoir mis en place "une armée" d'observateurs du scrutin, forte de "60.000 personnes, pour la plupart des jeunes (...) armés jusqu'aux dents par leurs convictions".

"La fraude est devenue pour moi un ennemi et c'est pour cela que je la dénonce et la combats. La fraude est immorale et dégrade et déshonore tous ceux qui y ont recours", a-t-il insisté.

M. Benflis a par ailleurs jugé "irresponsable" l'accusation de "terrorisme" porté contre lui par M. Bouteflika.

En recevant samedi le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Garcia-Margallo, le président sortant avait accusé M. Benflis d'avoir appelé à la violence pendant la campagne, osant même le terme de "terrorisme".

Le chef d'un parti islamiste, Abderezak Mokri, a estimé pour sa part mardi que les "signes de la fraude" étaient "perceptibles" pour le scrutin de jeudi.

M. Bouteflika "ne peut pas gagner sans la fraude", a estimé lors d'une conférence de presse M. Mokri, qui a appelé au boycottage de l'élection.

Son parti, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), faisait partie de la coalition gouvernementale, avant de la quitter en janvier 2012.

"Les élections seront truquées et le président sera élu pour un 4e mandat", a-t-il pronostiqué.

Il a en outre accusé les autorités d'avoir "contraint" les travailleurs à se rendre aux meetings des émissaires de M. Bouteflika, qui n'a pas mené lui-même sa campagne en raison de ses ennuis de santé.

Le président sortant a été victime d'un AVC l'an dernier qui a nécessité une hospitalisation de près de trois mois à Paris. Il est toujours en rééducation, mais sa santé "s'améliore de jour en jour", assure son entourage.

Ces déclarations rassurantes n'ont pas empêché M. Mokri de parier sur les divergences qui ne manqueront pas selon lui d'apparaître "au sein du pouvoir, après les élections, sur qui va gouverner à la place du président malade".

M. Mokri a également annoncé que des équipes de son parti seraient "dans les bureaux de vote pour relever l'affluence et avoir une idée claire du boycottage".

Le MSP fait partie d'une coalition de cinq partis d'opposition qui appellent au boycott du scrutin et appellent à une "transition démocratique" après le 17 avril.

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