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Une attaque présumée d'islamistes radicaux fait au moins 72 morts au Nigeria

14/04/2014 08:14 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

ABUJA, Nigeria - Au moins 72 personnes ont été tuées et 164 autres blessées lundi, au Nigeria, alors qu'une gigantesque explosion a éventré une gare d'autobus en pleine heure de pointe dans la capitale.

Il s'agit de l'attaque la plus sanglante jamais perpétrée à Abuja.

Le président du pays, Goodluck Jonathan, a visité la scène et rapidement blâmé le groupe islamiste radical Boko Haram, qui sévit depuis des années dans le nord-est du pays et qui menaçait de frapper la capitale.

Un responsable a indiqué que la bombe semblait avoir été enterrée, tandis que l'agence gouvernementale responsable de la gestion des urgences déclarait que les explosifs pourraient avoir été camouflés à bord d'un véhicule.

Un porte-parole de la police a indiqué qu'une quarantaine de véhicules ont aussi été détruits. L'explosion principale a causé plusieurs explosions secondaires, quand des réservoirs de carburant se sont enflammés.

Des journalistes qui se sont rendus sur place ont vu des secouristes et des policiers ramasser des restes humains pendant que des ambulances emmenaient les blessés vers des hôpitaux.

Des survivants hurlaient de terreur pendant que les pompiers tentaient d'éteindre les flammes. Une gigantesque colonne de fumée noire s'élevait dans le ciel et une odeur de carburant incendié et de chaire brûlée pesait sur les lieux. La télévision publique a lancé un appel aux dons de sang.

Les membres des forces de l'ordre ont tenté, tardivement, de boucler le secteur pendant que des experts ratissaient les lieux à la recherche de nouvelles bombes. Des milliers de badauds se sont massés, faisant fi des demandes des responsables de se tenir éloignés.

Boko Haram avait perpétré, en 2011, une attaque à la voiture piégée qui avait fait 21 morts et 60 blessés au siège des Nations unies, aussi à Abuja. Le groupe avait également frappé, en mars 2013, la plus importante gare d'autobus de Kano, la deuxième ville en importance du pays, faisant au moins 25 morts.

«La question de Boko Haram est un passage sombre de notre histoire, a dit le président Jonathan. Le gouvernement fait tout en son pouvoir pour permettre au pays de progresser (...) mais la question de Boko Haram est temporaire. Nous réussirons certainement à la surmonter.»

L'explosion a laissé un cratère de 1,2 mètre à la gare Nyanya, à environ 16 kilomètres du centre-ville d'Abuja. L'explosion s'est produite vers 6h45, alors que des résidants se rendaient au travail.

Boko Haram — dont le nom signifie «l'éducation occidentale est interdite» — a attaqué des écoles, des villages, des marchés, des casernes militaires et des postes de contrôle cette année. Le groupe veut faire du Nigeria un État islamique gouverné par la charia.

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